En bref

Aisne : le budget du Département respire mieux en 2026

Après une année 2025 réellement complexe sur le plan budgétaire, le Conseil départemental de l'Aisne devrait réussir à boucler avec un peu plus de marge son budget 2026. Il faut dire que l'Aisne va bénéficier de recettes supplémentaires avec une enveloppe d'environ 11 millions d'euros provenant du fonds de sauvegarde, décidé par le gouvernement.

Nicolas Fricoteaux, président de l'Aisne.

Nicolas Fricoteaux, président de l'Aisne.

L'Aisne respire... Alors que le budget 2025 aura été des plus compliqués, 2026 devrait mieux se passer. «Nous ne sommes pas dans l’opulence mais on devrait s'en sortir», résume Nicolas Fricoteaux, président du Département. La «bonne nouvelle» en effet pour 2026 réside dans l'apport de recettes nouvelles, une enveloppe d'environ 11 millions d'euros issue du fonds de sauvegarde des départements. «Sans ce fonds de sauvegarde, nous aurions débuté l'année à -1 million d'euros donc cela permet de repartir sur un cap intéressant et d'asseoir des recettes suffisantes dès lors qu'on va poursuivre nos efforts», prévient le président.

Poursuite de la baisse des dépenses

Pour boucler le budget 2025, l'Aisne avait en effet décidé de "tailler" dans les dépenses en retirant ses aides aux associations sportives, à la culture, à l'environnement ou encore en réduisant ses aides aux tiers (communes, syndicats intercommunaux...) pour rénover les routes communales ou pour les aider à financer leurs projets. «Avec ces efforts, nous finissions l'année 2025 à – 8 millions d'euros contre – 14 en 2023 et en 2024 donc cela a payé, note Nicolas Fricoteaux. Nous allons rester dans cette optique d'intervenir là où nous avons les compétences et où nous sommes essentiels et de nous retirer lorsqu'il y a des compétences partagées et que les efforts doivent être répartis entre différents acteurs. En agissant ainsi, nous devons pouvoir boucler le budget».

La difficulté pour le Département reste malgré tout de générer de l'épargne brute et autrement dit de financer de l'investissement. Avec le report de certains projets par manque de moyens financiers, une «dette grise» s'accumule puisque la collectivité a moins de moyens pour entretenir les routes et ses bâtiments. «Nous reportons des investissements pourtant nécessaires», convient le président, conscient de la problématique. Alors que le débat d'orientations budgétaires va bientôt se tenir, il estime que le niveau d'investissements en 2026 se situera autour de 52 M€, moins qu'en 2024 (57 M€) mais davantage que l'an dernier (48 M€).

Préserver ce qui fonctionne

Malgré ces contraintes budgétaires, le président Fricoteaux veut préserver ce qui fonctionne bien au niveau des compétences propres de la collectivité : l'autonomie et le handicap avec une MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) saluée pour ses délais de réponse et plus globalement son niveau de satisfaction, la protection de l'enfance ou encore l'insertion un taux de retour à l'emploi des bénéficiaires du RSA satisfaisant. L'Aisne souhaite aussi renforcer le dispositif Cap'Jeunes permettant aux jeunes de financer leur permis ou de l'équipement scolaire en l'échange de la réalisation de missions citoyennes. 

«Il nous faut préserver ce qui fonctionne, le faire savoir, et puis aussi davantage en proximité avec le terrain, nous allons mettre en place des journées des cantons, nous allons aussi développer l'interactivité avec le monde économique pour établir la confiance entre nos entreprises afin qu'elles accueillent nos publics pour des immersions par exemple, souligne le président. Je souhaite aussi avancer sur le soutien aux filières locales, je pense à la restauration collective notamment de nos collèges et avoir davantage de résultats pour intégrer des légumes locaux, de la viande locale de nos éleveurs».

La collectivité souhaite aussi ouvrir le chantier d'une meilleure rationalisation bâtimentaire, cela passera par le regroupement de services dans un même endroit, la revente de bâtiments, une meilleure mutualisation des bureaux. «Du fait des déplacements des agents sur le terrain, certains bureaux sont inoccupés trois jours sur cinq dans la semaine, il faut mettre sur sujet sur la table, réfléchir à mutualiser, nous avons encore de la marge sur ce sujet», dit le président. Qui souhaite donc continuer à être volontariste malgré les contraintes budgétaires qui continuent de peser sur les finances axonaises.