Nouveau rebondissement dans le dossier de l’Association mosellane d’aide aux personnes âgées et handicapées (Amapa). Alors que sa reprise par l’Office d’hygiène sociale de Lorraine (OHS Lorraine) devait entrer en vigueur le 1er mars, la cour d’appel de Paris a annulé la liquidation judiciaire du groupe Avec, structure de tête dont dépendait l’association. Une décision rendue le 26 février qui rebat les cartes et suspend, au moins temporairement, le processus engagé.
Cette décision intervient alors que le tribunal de Metz avait validé quelques jours plus tôt l’offre de reprise portée par l’OHS Lorraine. L’objectif était de sécuriser l’activité de l’Amapa, acteur majeur de l’aide à domicile, et de préserver les milliers d’emplois concernés. L’association emploie environ 4 000 salariés en France, dont près de 1 700 en Moselle, intervenant auprès de personnes âgées ou en situation de handicap.
Mais l’arrêt de la cour d’appel change la donne. En infirmant la liquidation judiciaire prononcée en octobre par le tribunal de commerce de Bobigny, la juridiction a estimé que le redressement du groupe Avec n’était «pas manifestement impossible». Elle a décidé de prolonger la période d’observation de trois mois et de renvoyer le dossier devant ce même tribunal.
Dans ce contexte, les dirigeants de l’Amapa, qui défendaient un plan de redressement interne, pourraient contester la cession à l’OHS Lorraine. Les représentants de l’association entendent en effet obtenir l’annulation de cette reprise, estimant que la nouvelle situation judiciaire permet d’envisager d’autres scénarios.
Pour les salariés et les bénéficiaires des services d’aide à domicile, l’incertitude demeure donc entière. Depuis plusieurs mois, l’avenir de l’Amapa se joue au rythme des décisions judiciaires et des procédures collectives impliquant le groupe Avec, acteur du secteur médico-social revendiquant près de 10 000 salariés en France.
Ce nouveau coup de théâtre intervient dans un contexte déjà fragile pour le secteur des services à la personne. Entre difficultés financières des structures, pénurie de main-d’œuvre et multiplication des procédures collectives, plusieurs acteurs de l’aide à domicile traversent une période de turbulences. L’issue du dossier Amapa sera donc scrutée de près, bien au-delà de la Moselle.