À plus de 180 mètres de haut, l'entreprise beauvaisienne Launet Construction réalise la charpente métallique des quatre derniers étages techniques de la Tour Triangle à Paris ; un édifice de 44 étages et de 90 000 m². Au total, 200 tonnes de poteaux et ossatures spécifiques sont montées pour accueillir les installations techniques. Le métal a été privilégié pour alléger la structure et limiter les fondations, tout en restant économiquement avantageux.
Ce chantier mobilise tous les savoir-faire de l’entreprise : ingénierie, fabrication de précision, montage en grande hauteur et coordination avec les autres corps de métier. Avec les contraintes de sécurité renforcées, le contrôle rigoureux des soudures et les arrêts fréquents des grues à cause du vent, une petite dizaine de monteurs se relaient sur le chantier, depuis le mois de décembre. «Quand on travaille à 180 mètres, ce n’est pas la même chose qu’à 10 mètres», souligne Alexis Piot, président de Launet Construction, aux côtés de Victor Liot, qui en est le directeur général.
Une expertise industrielle historique
Historiquement positionnée sur les bâtiments industriels (60 à 70% de l’activité), Launet Construction a fortement investi ces dernières années dans des machines de dernière génération pour rester compétitive. Fière de participer à ce chantier parisien d’envergure – le troisième plus haut bâtiment de la capitale – l’entreprise entend poursuivre sa montée en compétences. «C’est un ouvrage qui sort de l’ordinaire. Il montre notre capacité à aller chercher des projets très techniques», affirme Alexis Piot.
Fondée en 1932, Launet Construction compte aujourd'hui une centaine de collaborateurs. À Beauvais, le siège regroupe les fonctions études de prix, bureau d’études intégré, gestion et comptabilité. L’entreprise s’appuie également sur une usine de 40 salariés à Marseille-en-Beauvaisis, spécialisée notamment dans le profilage à froid. Une technique qui permet d’obtenir des structures jusqu’à 30% plus légères qu'une poutre classique, tout en réduisant le coût et l’empreinte carbone. Une société de montage, détenue à 100%, complète l’organisation. Le groupe réalise environ 30 millions d’euros de chiffre d’affaires par an.
Diversification et nouveaux marchés
Depuis sa reprise en 2018, suivie de la montée progressive au capital avec Victor Liot à partir de 2019, Launet diversifie ses activités : ombrières photovoltaïques, entreprises générales, rénovation de logements sociaux et projets de surélévation. Dans un contexte marqué par la loi Climat et la trajectoire ZAN (zéro artificialisation nette), la construction neuve ralentit. «Il fallait chercher de nouveaux leviers de croissance», explique Alexis Piot. La surélévation et la densification verticale des villes apparaissent comme des marchés d’avenir, cohérents avec l’expertise développée sur des projets techniques comme la Tour Triangle.
L’entreprise mise sur des aciers à faible impact carbone et, pour certains projets, de l’acier “vert” afin de répondre aux exigences de la RE2020. Chaque bâtiment reste du sur-mesure : «Un ouvrage est toujours un prototype». Les ingénieurs et dessinateurs conçoivent les structures en interne avant d’exporter les plans vers la ligne de production qui industrialise la fabrication. Toujours attachée à son bassin beauvaisien, Launet Construction accompagne ses clients partout en France.
Pour Aletheia Press, Lolita Péron Vranesic