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Bien tirer parti de l'IA : comment procéder, pour quels cas d’usage et avec quelles aides ?

Les apports de l’IA sont aujourd’hui reconnus. Il reste à en organiser l’utilisation et la formation dans son entreprise, tout en déterminant les meilleurs usages possibles. Et chercher des financements.


© Adobe Stock.

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    Au préalable, on aura élaboré des règles du jeu, c’est à dire une gouvernance efficace et mobilisatrice des énergies autour d’une charte des bonnes pratiques élaborée en concertation au sein d’un « comité IA ». 
 De fait, l’IA intéresse tout le monde. Selon l’agence France Num (baromètre 2025), 26% des TPE et 24% des PME l’ont adoptée.

Différentes formes d’IA

Il existe plusieurs dimensions de l’IA : l’IA générative (Chat GPT, Claude, Copilot, Google Gemini, Mistral AI, Perplexity… ) entre dans la phase de « désillusion » (étude du cabinet Gartner) ; l’IA argentique (les agents IA insérés un peu partout) est en forte progression, car elle peut planifier, utiliser des outils tiers, lancer des exécutions et se corriger elle-même ; elle s’applique aussi à la robotique et aux automatismes. Ajoutons l’IA dite « causale » : contrairement à l’apprentissage machine, elle apporte le ‘pourquoi’, notamment dans les simulations.

L’IA peut également se ranger entre le probabiliste (cf. réseaux de neurones de l’IA générative) et le symbolique qui obéit à des règles logiques - la combinaison des deux devant conduire à une plus grande rigueur, évitant notamment les « hallucinations », tout en ajoutant la future dimension ‘thinking’ ou raisonnement multi-étapes.

Enfin, on peut opposer les IA sur le Cloud à ‘l’IA locale' : elle est poussée par les constructeurs informatiques (ordinateurs et serveurs NAS dotés de coprocesseurs spécialisés ou NPU), comme alternative aux plateformes de Cloud public des GAFAM ; elle répond aux besoins de souveraineté et de protection des données internes. L’IA locale est souvent associée à la technologie RAG (Retrieval-augmented generation) qui recherche l’information dans vos bases de documents et l’insère dans la modélisation IA pour générer des réponses internes, comme celles d’un assistant personnalisé.

Priorité aux cas d’usage

Avec l’apprentissage machine, l’IA se concrétise sous de multiples formes : analyse du langage écrit, reconnaissance vocale (transcription d’entretiens) ; reconnaissance d’images. Il s’y ajoute l’automatisation des flux de travail ou l’aide à la décision et, bien sûr, la robotique et les automatismes qui deviennent mobiles et autonomes.

De nombreux cas d’usage sont aujourd’hui bien identifiés s’agissant de l’IA générative : création de contenus promotionnels avec visuels, rédaction d’argumentaires commerciaux, communiqués, fiches produits ou brochures, flyers’ (marketing et communication). L’IA générative peut également préparer des devis, rédiger des réponses précises aux questions les plus fréquentes des clients (les FAQ des assistants virtuels) - réponses qui vont pouvoir être transcrites oralement sur un répondeur ou serveur de communication et traduites dans diverses langues.

Pour leur part, les agents IA, en s’intégrant de plus en plus aux logiciels, peuvent optimiser la gestion des stocks, les approvisionnements ou la préparation des commandes, tout en anticipant les variations de la demande, par exemple lors des soldes ou en cas de problèmes d’approvisionnement. Souvent un casse-tête, la gestion des retours clients peut être grandement facilitée grâce à une IA. Le niveau de satisfaction client peut également être suivi de façon automatique, y compris sur un répondeur téléphonique (intonation de voix).

Le traitement des factures peut être accéléré, avec détection des erreurs, élimination des doublons dans le référencement des fournisseurs, etc. L’IA peut générer automatiquement des tableaux de bord (gestion comptable), mais un contrôle humain restera nécessaire.

A noter que la plateforme française Mistral AI, avec sa nouvelle offre « Forge » annonce une « IA contrôlable » qui entraîne ses modèles uniquement à partir des données de l’entreprise (« apprentissage par renforcement »).

Indispensable formation

On ne peut que recommander les formations (cf. le CNAM - Arts et Métiers, HEC Paris, X-Exed…). On privilégiera celles qui proposent de travailler sur des cas d’usage, liés à son activité.

Il existe également des formations en ligne (cf. Bpifrance « Osez l’IA » ; l’Institut Montaigne et l’association Abeona, etc.). Elles peuvent être financées ou faire partie d’un projet subventionné. Citons, par exemple, le programme IA Booster du plan France 2030 (transformation numérique) proposant un diagnostic pris en charge à 80% par Bpifrance. Un nouveau programme d’aide aux PME et ETI industrielles sera présenté le 16 juin prochain.

Les régions, souvent relayées par les Chambres des métiers, proposent des programmes, comme le « Pack IA » (Ile-de-France). La région Grand Est a choisi de contribuer aux recrutements de spécialistes IA. Citons encore le programme « Industrie du futur » avec appels à manifestation d’intérêt (AMI).