Ports : Boulogne-Calais maintient le cap malgré les légers reculs
Mercredi 21 janvier, les dirigeants du Port Boulogne-Calais, se sont réunis pour présenter le bilan de l’année 2025, au siège de la SEPD (Société d'Exploitation des Ports du Détroit), à Calais. Les ports ont maintenu leur dynamique, avec une criée performante, un fret solide et un tourisme transmanche en hausse.
Le Port de Boulogne-Calais affiche des résultats globalement stables pour 2025. « Nous avons su maintenir notre activité malgré un contexte économique et géopolitique exigeant », a expliqué Laurent Devulder, directeur général du port, lors de la présentation du bilan annuel, le 21 janvier à Calais. La criée de Boulogne-sur-Mer conserve sa dynamique, le tourisme transmanche progresse et le fret reste solide, malgré un léger repli.
Seuls l’import-export de véhicules neufs et l’export de câbles sous-marins ont été moins soutenus que prévu. François Lavallée, président du port, souligne : « ces résultats confirment la résilience de nos infrastructures et la performance de nos équipes sur l’ensemble des métiers portuaires ».
Boulogne-sur-Mer : une criée performante
La criée de Boulogne-sur-Mer a commercialisé 32 500 tonnes de produits de la mer en 2025, soit un recul marginal de 1 % par rapport à 2024. La valeur reste élevée, avec près de 92 millions d’euros, consolidant son statut de première criée de France, tant en volume qu’en valeur.
Deux dispositifs ont été déployés pour soutenir les professionnels : la prime transport, qui a permis le rapatriement de 500 tonnes supplémentaires de lieu noir, et la baisse de 17 % des tarifs de lavage des bacs à poisson, destinée à réduire les charges des pêcheurs et acheteurs. « Ces mesures sont essentielles pour accompagner nos pêcheurs et renforcer l’attractivité de la criée », explique Alain Caillier, directeur délégué du port.

Transmanche : un trafic résilient
Le trafic transmanche des véhicules de tourisme atteint 1 431 339 unités, en hausse de 1,6 % par rapport à 2024. Les voitures individuelles progressent de 2,5 % avec 1 373 756 unités, tandis que le segment des autocars recule de 15 % en raison du ralentissement des courts séjours liés aux formalités pour aller au Royaume-Uni.
Sur le fret, 1 714 187 poids lourds ont transité par Calais, soit un recul de 3,6 % en ligne avec le marché. Mais ce recul est à relativiser, car le port a gagné 7 points de parts de marché depuis le Brexit. Plus d’un camion sur deux emprunte désormais les installations calaisiennes.
Le ferroutage, opéré par VIIA, lui, confirme sa dynamique avec 52 203 unités transportées (remorques et conteneurs +14 %), grâce à la forte croissance des lignes Calais-Le Boulou et Calais-Sète (dont le trafic a doublé cette année). Et ce n’est pas terminé, puisqu’un nouveau terminal ferroviaire à Sète, opérationnel depuis fin 2025, augmentera la capacité du service en 2026, de trois à cinq rotations hebdomadaires.
Terminaux de commerce : performances contrastées
Les terminaux de commerce de Boulogne et de Calais ont manutentionné près de 2 millions de tonnes. Un recul de 5% par rapport à l’exercice de 2024. Boulogne affiche une activité dynamique avec 710 000 tonnes de vracs (+7 %) et 583 539 tonnes à l’export (+17 %), portées par les flux de pierre à chaux et chaux vive vers la Finlande et la Suède. À l’import, le sable naturel atteint 95 000 tonnes.
À Calais, le tonnage global recule de 31 % à 415 000 tonnes. Le sable diminue de 57 %, tandis que le coke de pétrole progresse de près de 70 %. À l’export, les matériaux de construction, reculent de près de 60%. L’exportation de câbles sous-marins recule de 57 %. L’opérateur ASN, grand utilisateur du port, a reporté bons nombres de ses projets à 2026.
Transition énergétique et investissements
Le port a poursuivi sa politique de décarbonation en 2025 : raccordement à haute tension avec RTE, remplacement des éclairages publics par des LED, passage à la flotte de véhicules électriques et obtention de la certification ISO 50 001. Les investissements 2025 ont atteint 10 millions d’euros. À Boulogne, 3,2 millions d'euros ont été consacrés aux activités halieutiques, dont la modernisation électrique, la démolition de friches et le terrassement. À Calais, 5,6 millions ont été investis pour les nouveaux contrôles aux frontières (EES) et la digitalisation des installations.
Pour 2026, le port prévoit une enveloppe globale de 15,4 millions d'euros, dont 4,4 millions à Boulogne et 11 millions à Calais. Les travaux incluent la modernisation informatique, le remplacement des groupes frigorifiques, le confortement des terre-pleins et la construction de nouveaux pontons de servitude, entre autres. « Nous poursuivons notre stratégie pour accompagner le développement de nos clients, renforcer la sécurité, accélérer la transition énergétique et numérique et consolider l’attractivité de nos deux sites », conclut Laurent Devulder. Le port entend ainsi rester un acteur incontournable du fret, du transmanche et de la pêche, tout en préparant l’avenir grâce à sa politique d’investissement et de modernisation.
Pour Aletheia Press, Lolita Péron-Vranesic