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Boulogne-sur-Mer : le tribunal de commerce espère une fin de purge

Après une année mouvementée, commence une période probablement plus stable pour la justice consulaire. À Boulogne, l’audience solennelle de rentrée du 20 janvier a fait le bilan de 2025, consacré ou réélu cinq nouveaux juges et réfléchi sur les perspectives qu’offre 2026.

L'audience solennelle de rentrée du tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer s'est tenue le 19 janvier. © Aletheia Press / M.Railane
L'audience solennelle de rentrée du tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer s'est tenue le 19 janvier. © Aletheia Press / M.Railane

2025 a t-elle «purgé» les derniers avatars de la période Covid ? C’est ce qu’on peut espérer à la lecture des chiffres énoncés par Thierry Marquet-Paquier, greffier en chef du tribunal de commerce, lors de la traditionnelle audience solennelle de rentrée.

Car l'année a été marquée par une augmentation des procédures collectives : les redressements judiciaires ont cru de 20% (116 contre 97 en 2024) tandis que les liquidations sont restées stables (213 contre 212 en 2024). Le tribunal de commerce a aussi prononcé trois plans de sauvegarde contre six en 2024 et quatre plans de cession contre trois l'année précédente.

«Rattrapage Covid, perte de croissance, conjoncture politique instable au niveau national» a commenté le président Jean-Pierre Braure. Les difficultés ont concerné les secteurs de l’imprimerie, de l’habillement et de la restauration. Les impayés ont aussi augmenté (+14% d’ordonnances d’injonction de payer) ce qui conduit à comprendre que les trésoreries ont été sous tension l’an dernier.

Les radiations d'offices bondissent

D'autres chiffres peuvent redonner le moral aux acteurs économiques des territoires littoraux. Ainsi des créations d’entreprises, qui croissent globalement de 10% (3 736 l’an dernier contre 3 397 en 2024). Dans le détail, les sociétés civiles bondissent de 30%, les commerçants de 7% et les sociétés commerciales de 2%. Ces chiffres sont à mettre en perspectives avec les radiations qui atteignent parfois des sommets : + 226% de radiations d’office (1 941 contre 596 en 2024) et 1 388 radiations sur déclaration contre 1 291 en 2024 (+ 8%). Avec ces avalanches de chiffres, le tribunal de commerce améliore encore ses délais de traitement des dossiers, avec 338 jours contre 353 en 2024.

Jean-Pierre Braure a rappelé que le tribunal de commerce est présent dans le dossier de redressement judiciaire d’Arc International à travers deux de ses membres qui le représentent au tribunal de commerce de Lille.

Stabilité et recours à la prévention

Cécile Gressier, procureur de la République et garante de «l’ordre public économique», a produit ses réquisitions en forme de synthèse : «Le juge consulaire a la maîtrise des procédures et la compréhension du monde économique. Dans les résultats de l’année 2025, je relève une certaine stabilité et le recours à la prévention». Le président a aussi mis en lumière le service Prévention du tribunal : «Sans lui, les redressements finissent à 70% en liquidation ; avec lui, c’est 80% de réussite. Il y a trois réflexes à avoir pour les chefs d’entreprise en cas de difficultés : alerte, négocier et se projeter».

Le procureur n’a pas manqué de conseiller les juges à «tendre vers la parité». Deux femmes composent le collège consulaire aujourd’hui. Au sein de leur collège, on notera la montée en grade d’Yves Szrama qui préside désormais l’une des chambres du tribunal tandis que qu’un nouveau confrère est accueilli en la personne de Gaël Tiberghien, ancien cadre chez Shell, puis dans les chemins de fer néerlandais et chez Monoprix.

Pour Aletheia Press, Morgan Railane