Quel bilan tirez-vous de la situation des entreprises régionales ?
La situation reste relativement stable. Les défaillances existent, mais nous ne sommes pas dans une situation dramatique. En revanche, nous voyons désormais des entreprises de taille significative rencontrer des difficultés, alors que les défaillances concernaient auparavant davantage les TPE. Les secteurs les plus fragilisés restent notamment le commerce et la restauration.
Les chiffres confirment-ils cette résistance ?
Oui. Le baromètre IMAGE PME montre qu’au deuxième trimestre 2026, le chiffre d’affaires des 30 000 TPE-PME étudiées en Bourgogne-Franche-Comté progresse de 0,9 % sur un an, contre 0,8 % au niveau national. La région se classe ainsi au 7e rang. Dans le même temps, les défaillances reculent de 8,8 %, à 468.
Quels secteurs vous préoccupent particulièrement ?
La restauration est clairement sous tension. Les restaurants traditionnels enregistrent une baisse de chiffre d’affaires de 5,2 % au deuxième trimestre sur un an. À l'inverse, le bâtiment tient encore : la construction affiche une hausse de 4 %. Mais la visibilité se réduit fortement. Là où certaines entreprises disposaient auparavant d’un carnet de commandes supérieur à un an, nous sommes aujourd’hui davantage sur trois ou quatre mois.
Cette incertitude freine-t-elle l’investissement ?
Oui. Les chefs d’entreprise sont prudents lorsqu’ils manquent de visibilité. Le coût du financement entre également en jeu : nous étions habitués à des taux inférieurs à 1 %, qui étaient anormalement bas. Avec des taux autour de 4 %, nous revenons à des niveaux plus normaux, mais le passage de 1 à 4 % pèse nécessairement dans les décisions d’investissement.
Quels seront les principaux points de vigilance dans les prochains mois ?
L’accès aux marchés publics sera déterminant pour certaines entreprises. Il faudra aussi surveiller le coût des matières premières, l’énergie, les salaires et la capacité à répercuter ces hausses sur les prix. La transmission constitue un autre enjeu majeur : environ 200 000 entreprises seraient à transmettre dans les années à venir et, selon les estimations que nous évoquons, la moitié ne le serait pas.
Quel message adressez-vous finalement aux dirigeants ?
Trois mots : s’adapter, anticiper et rester optimiste. L’économie évolue extrêmement vite, tout comme nos métiers avec la facture électronique ou l’intelligence artificielle. L’IA doit être considérée comme un outil d’accompagnement, pas de substitution. La valeur ajoutée se déplacera davantage vers le conseil. Et, quoi qu’il arrive, l’humain restera prioritaire.