«Chantilly 2030» : un plan pour assurer la viabilité du château
Si le château de Chantilly a connu une année record en 2025, il n’est aujourd’hui pas en mesure de faire face aux investissements nécessaires à sa préservation. C’est dans ce contexte qu’a été élaboré le plan «Chantilly 2030», dévoilé le 22 janvier.
Cinquième château le plus visité de France, Chantilly a enregistré une fréquentation record en 2025, avec plus de 658 000 visiteurs accueillis (+20 % par rapport à 2024), et a été désigné «Monument préféré des Français». Avec 19,8 millions d’euros de produits et 18,3 millions d’euros de charges, l’institution est entièrement autonome sur le plan du fonctionnement. Si elle a déjà engagé un certain nombre de chantiers, elle est, en revanche, dans l’incapacité d’assurer le financement des nombreux travaux nécessaires à la conservation et à la préservation des lieux.
«Nous avons besoin de 68 millions d’euros dans les dix ans pour assurer la restauration globale», indique Anne Miller, administratrice générale du Domaine de Chantilly. Afin de poursuivre ses missions tout en respectant le testament du duc d’Aumale, l’équipe a bâti une feuille de route. Baptisée «Chantilly 2030», celle-ci a été présentée le 22 janvier. Elle a vocation à pérenniser le modèle économique du Domaine tout en intégrant sa transformation en établissement public. «Il s’agit à la fois d’assumer la conservation et l’entretien du Domaine dans toutes ses composantes - artistiques, bâties et naturelles - mais aussi de développer ses ressources afin d’alimenter un modèle économique soutenable», résume Anne Miller
Quatre axes majeurs
.«Chantilly 2030» a été bâti sur quatre axes. Le premier s’engage à mieux accueillir et fidéliser les publics. L’objectif est de dépasser les 700 000 visiteurs à l’horizon 2030. «Cela passe notamment par la création d’un véritable service des publics et par une meilleure connaissance de tous ceux qui viennent nous voir», précise-t-elle. La mise en place d’un système d’horodatage des billets permettra également de fluidifier les flux et d’améliorer l’expérience de visite. Deuxième axe majeur : la restauration et la sauvegarde du patrimoine, estimées à 68 millions d’euros, dont 33 millions «uniquement pour les urgences sanitaires».
Troisième priorité : le développement et l’augmentation des revenus (location d’espaces, boutique, valorisation de la marque…). «Nous devons renforcer nos ressources propres, mais nous avons besoin du soutien des collectivités locales», souligne Anne Miller, rappelant que le Domaine n’a reçu aucune aide du Département ni de la Région en 2025. Enfin, l’institution souhaite améliorer son fonctionnement sur le long terme et finaliser sa transition vers un mode de gestion public.
Développer le mécénat
Le Château de Chantilly a recruté, il y a trois mois, Viviane Olivo au poste de directrice du mécénat et des relations institutionnelles. La Lilloise a pour mission de faire découvrir le site aux grands mécènes nordistes. «Ils ne connaissent pas le Domaine !», assure-t-elle. Mais le Domaine a d'autres cibles dans sa ligne de mire. «L’objectif est aussi d’attirer les entreprises du CAC 40. Il est nécessaire de réaliser une cartographie des mécènes pour nous donner les moyens de nos ambitions», analyse-t-elle.
En parallèle, une grande campagne de mécénat sera lancée en avril pour sauver le cabinet des livres. «Lorsqu’on le découvre, on est complètement stupéfait par la beauté des lieux. Mais en y regardant de plus près, les décors sont encrassés, les parquets s’affaissent, la muséographie centrale est totalement obsolète et les conditions de conservation sont catastrophiques», se désole Mathieu Deldicque, conservateur en chef et directeur du musée Condé. Quatre millions d’euros sont nécessaires pour restaurer l’une des plus riches bibliothèques de France. Face à ces enjeux de taille, le château de Chambord se met en ordre de marche.
Pour Aletheia Press, DLP