Une centaine de militants antifascistes se sont réunis dimanche à Orléans, loin du congrès du Rassemblement national sécurisé par les forces de l'ordre, où Marine Le Pen doit prononcer dans l'après-midi son premier grand discours de campagne.
La préfecture avait interdit tout rassemblement sur un large périmètre à Orléans, ainsi que dans plusieurs communes aux alentours.
Les manifestants se sont réunis en dehors de ce périmètre, devant le centre de rétention administrative (CRA). Peu après 13H, ces militants antifascistes étaient groupés sous les yeux des forces de l'ordre, à environ quatre kilomètres du Co'Met, l'arène de 10.000 places où la patronne du RN, Marine Le Pen, entend franchir une nouvelle étape de sa campagne pour l'élection présidentielle.
Le cortège a scandé "R comme racistes, N comme nazis, à bas, à bas, à bas le RN" ou "C'est pas les immigrés, c'est pas les sans-papiers. C'est les fachos qu'il faut virer", ont constaté des journalistes de l'AFP.
Il s'est ensuite élancé en direction d'Olivet, une commune voisine. Un petit groupe a très brièvement bloqué la route départementale D2020 dans un moment de confusion durant lequel quelques coups de matraques ont été donnés par les forces de l'ordre.
Les manifestants ont finalement rebroussé chemin vers leur point de départ, sous grosse escorte policière. Un hélicoptère et la CRS 8, spécialisée dans la lutte contre les violences urbaines, ont été notamment mobilisés.
Pour Fleur, 29 ans, "on ne peut pas laisser un parti fasciste faire un congrès comme si de rien n'était, comme si c'était un parti classique et lambda".
"Nous sommes sur un lieu qui ne fait pas partie du périmètre d'interdiction de la préfecture" qui a refusé "sept propositions" de parcours, a déclaré Delphine, membre du collectif Ciao Fachos qui n'a pas souhaité donner son nom. "Nous avons subi des contrôles, des fouilles", a-t-elle déploré, au lendemain d'une manifestation anti-RN qui a réuni, dans le calme, entre 13.000 et 26.000 personnes selon les sources.
Ce rassemblement non déclaré vise à "dire que jamais nous ne laisserons le Rassemblement National et tous les fachos venir dans n'importe quelle ville de France, de l'Europe et du monde entier", a-t-elle ajouté.
Depuis samedi matin, 3.000 policiers et gendarmes sont déployés et la circulation interdite à Orléans qui a des allures de ville en état de siège.
Le maire d'Orléans Serge Grouard avait indiqué samedi qu'il craignait des "débordements" dimanche après "des appels à des rassemblements non autorisés dont le mot d'ordre est de se rapprocher" du lieu où se tient le congrès du RN.