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Crise des carburants : Macron envoie des moyens militaires en Arabie saoudite

Le président a annoncé l'envoi de moyens militaires en Arabie saoudite, défendant son action internationale pour faire baisser les prix du carburant.

Le président français Emmanuel Macron à l'Assemblée générale de l'ONU, le 22 septembre 2026 © RYAN MURPHY

Le président français Emmanuel Macron à l'Assemblée générale de l'ONU, le 22 septembre 2026 © RYAN MURPHY

"La situation est grave" : Emmanuel Macron a annoncé jeudi l'envoi de "moyens militaires" en Arabie saoudite, défendant son action internationale pour faire baisser les prix du carburant, sans toutefois exclure de devoir, à terme, baisser les taxes pour éviter leur envol. Lors d'une interview au journal de 20H00 de TF1 et France 2, le président de la République a dramatisé les enjeux géopolitiques, encore un peu plus que lorsqu'il a reçu, la semaine dernière, les chefs de parti et candidats à sa succession à l'Elysée.

S'il a assuré que les autorités faisaient tout" pour éviter des pénuries, et que l'approvisionnement "en diesel, en gaz, en fioul" était garanti d'ici à la fin de l'année, il n'a pas totalement écarté des problèmes début 2027 "si la crise devait empirer". En cause, a-t-il réaffirmé : la guerre au Moyen-Orient, et les tensions extrêmes dans les détroits stratégiques d'Ormuz et de Bab el-Mandeb, ainsi que, dans une moindre mesure, la guerre en Ukraine. Emmanuel Macron a donc annoncé qu'il engageait des moyens militaires, c'est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense, pour protéger le site de Yanbu, principal terminal saoudien d'exportation de brut sur la mer Rouge mais aussi cible des Houthis du Yémen. Il a toutefois martelé ne pas vouloir engager la France dans le conflit entre le royaume et ces rebelles pro-iraniens.

On ne laissera pas les prix s'envoler pour les Français

Selon le chef de l'Etat, qui n'a pas exclu le recours aux avions de combat Rafale "selon les besoins", l'impact d'une détente sur ce site-clé peut s'avérer "immédiat sur le prix à la pompe". Il a aussi mis en avant les "discussions avec les Iraniens et les Omanais pour rouvrir" le détroit d'Ormuz. Le message présidentiel est clair : la France, qui "a une grande diplomatie" et "pèse" dans cette région, peut "avoir des résultats" par son action internationale puisque les causes de la flambée des prix sont "géopolitiques". "Notre intérêt, c'est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes", a-t-il insisté.

Mais face à de nombreux opposants qui réclament, eux, cette baisse des taxes, tout comme une majorité des Français selon les sondages, Emmanuel Macron s'est gardé de se l'interdire. "En fonction de l'évolution, il ne faut rien exclure", a-t-il reconnu. "On ne laissera pas les prix s'envoler pour les Français", a-t-il encore promis, alors que le gazole atteint déjà un niveau record autour de 2,40 euros le litre.

Le chef de l'Etat a également relancé sa proposition de double moratoire dans le conflit ukrainien, concernant les frappes contre les infrastructures énergétiques et civiles en Ukraine et en Russie, ainsi qu'en mer Noire. Il s'est cependant montré pessimiste sur les intentions de Moscou: une nouvelle mobilisation russe de 300.000 hommes pour tenter de s'emparer de "tout le Donbass" est "un scénario qui nous paraît crédible", a-t-il lâché. Il a même estimé que la France pouvait à son tour être visée par une tentative d'attaque à l'aide d'un drone chargé d'explosifs, comme à l'aéroport de Leipzig début août. Une attaque que l'Allemagne avait attribuée à la Russie.

A un peu plus de sept mois de son départ de l'Elysée, Emmanuel Macron a en outre dû se justifier sur l'absence de marges de manoeuvre budgétaires en raison de la dette de la France qui s'est considérablement creusée sous ses deux quinquennats.