Dans la Somme, État et collectivités poursuivent la transition environnementale
Le contrat pour la réindustrialisation et la réussite de la transition écologique (CRRTE) a été reconduit le 21 janvier entre l'État et le Pôle métropolitain du Grand Amiénois. Entre 2024 et 2026, 89 millions d’euros ont été mobilisés pour soutenir 41 projets.
Le 21 janvier, à Amiens, le préfet de la Somme et le président du Pôle métropolitain du Grand Amiénois ont signé un avenant au contrat pour la réindustrialisation et la réussite de la transition écologique (CRRTE). À sa création en 2020, ce contrat (d'abord nommé de relance et de transition écologique - CRTE) avait pour vocation de réunir l’État et les collectivités autour de projets liés à la transition environnementale. Il intègre désormais une dimension économique. «Ma conviction forte est que ces deux sujets sont intrinsèquement liés, puisque la réindustrialisation devra contribuer à la transition écologique», observe Rollon Mouchel-Blaisot, préfet de la Somme.
Après le PETR Cœur des Hauts-de-France, le Pôle métropolitain du Grand Amiénois, déjà parmi les premiers à s'engager dans le CRTE, est la seconde collectivité à s’engager dans cette voie. «Nous avons fondé beaucoup d’espoirs dans cet outil. Nous avons des collectivités très structurées, avec un volontarisme politique évident et une réelle conscience du rôle de chacun dans la préservation de notre environnement», souligne Pascal Rifflart, président du Pôle métropolitain, qui regroupe huit intercommunalités et 466 communes.
Partir des réalités locales
«Ce n’est pas un travail théorique qui a été mené, mais un travail à la fois stratégique, ambitieux et très concret», assure Rollon Mouchel-Blaisot. Selon lui, la transition environnementale ne pourra aboutir que si les collectivités, les élus, les habitants, les acteurs économiques, sociaux et associatifs, et surtout les citoyens, se sentent concernés par cet enjeu. «C’est à partir des réalités locales qu’il faut agir et construire ensemble des réponses adaptées aux attentes de nos concitoyens et des acteurs du territoire», ajoute-t-il.
Le secrétaire général de la préfecture, Emmanuel Moulard, rappelle d’ailleurs que parmi les projets financés, nombreux sont ceux qui impactent le quotidien des habitants comme les travaux menés pour lutter contre le ruissellement et, in fine, contre les inondations sur la communauté de communes du Pays du Coquelicot, la rénovation énergétique de l’école de Bernaville ou encore la création d’un pôle alimentaire au sein de la communauté de communes Somme Sud-Ouest. «Il y a eu des résultats, même si cela a demandé beaucoup de temps et d’énergie», note Pascal Rifflart.
Au total, entre 2024 et 2026, 41 projets ont été soutenus à hauteur de 89 millions d’euros, via le Fonds vert, la dotation de soutien à l’investissement local et la dotation d’équipement des territoires ruraux. D’autres initiatives pourront encore être accompagnées cette année.
Un département en pointe
En parallèle, en décembre 2023, en collaboration avec le Département, la préfecture de la Somme a lancé une COP départementale. «Nous avons peut-être été les premiers en France à le faire. Nous avons la conviction profonde qu’il faut être au plus près des réalités locales pour agir», souligne Rollon Mouchel-Blaisot. Associant l’ensemble des acteurs publics et privés, l’élaboration d’une feuille de route a été engagée en 2025, suivie des premières assises thématiques autour du foncier, de l’eau et des énergies.
Huit grands axes ont ensuite été explorés dans le cadre de groupes de travail, aboutissant à une deuxième réunion plénière qui a permis d’affiner la feuille de route. «Tout au long de nos travaux, nous avons pu observer qu’il se passait de nombreuses choses très intéressantes dans la Somme et qui pourraient être répliquées ailleurs», affirme le préfet. Ces propositions d’actions viennent également nourrir les CRTE.