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Économie/Défaillances d’entreprises

Défaillances d’entreprises : l’Aisne en zone rouge malgré l’accalmie dans les Hauts-de-France

L'économie des Hauts-de-France a présenté des signes de fragilité sur l'ensemble de l'exercice 2025, malgré une amélioration relative en fin de période. Si le quatrième trimestre a enregistré un recul de 1 % des défaillances à l'échelle régionale, le bilan annuel demeure négatif. Cette situation est notamment marquée par une hausse de 33% des procédures dans l'Aisne au dernier trimestre.


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Derrière la relative stabilité du bloc Nord/Pas-de-Calais, les disparités départementales sont criantes. L’Aisne enregistre une dégradation brutale avec une hausse de +33 % des défaillances au dernier trimestre 2025 (vs T4 2024), soit une progression de 18 % sur l'année. La Somme suit une trajectoire préoccupante avec une hausse annuelle de 13 %. Ces chiffres témoignent d’un risque accru dans ces territoires plus ruraux, où les entreprises, souvent dépendantes de secteurs fragiles, peinent à maintenir leur équilibre financier.

Région : une embellie de fin d'année en trompe-l’œil

À l’échelle des Hauts-de-France, Allianz Trade recense 1 345 procédures au quatrième trimestre, un chiffre en léger retrait (-1 %). Toutefois, sur l'ensemble de l'année, la région totalise 4 958 défaillances (+4 %). Si ce rythme ralentit après les hausses spectaculaires de 2023 (+25 %) et 2024 (+8 %), la situation reste précaire. Les secteurs des services, du commerce et de la construction demeurent les plus touchés, concentrant plus de 70 % des dossiers régionaux, sur fond de pertes d’exploitation et de difficultés de financement persistantes.

Un contexte national qui impose la vigilance

Cette dynamique régionale s'inscrit dans un climat national lourd : Allianz Trade relève 68 574 défaillances en France pour 2025 (+3,5 %). Laurent Treilhes, président du Comité Exécutif d’Allianz Trade, insiste sur la persistance d’un contexte économique complexe exigeant une vigilance accrue des partenaires financiers. Pour inverser la tendance dans les territoires les plus vulnérables, l'accompagnement ciblé et la sécurisation des flux de trésorerie deviennent des priorités absolues afin de préserver l'emploi local.

Enfin, si l’investissement reste la clé d'une reprise durable, la question demeure : cette fragilité structurelle constatée dans l'Aisne et la Somme est-elle le signe d'une mutation profonde ou d'une crise passagère qui finira par s'estomper en 2026 ?