En bref

Dijon : deux millions d'euros pour mettre les gaz vers la décarbonation des transports

Côte-d’Or Energies et deux partenaires régionaux investissent 2 millions d’euros dans une station GNV et bioGNV à Dijon Métropole. L’objectif ? Décarboner le transport routier tout en répondant aux besoins concrets des professionnels.

Les transports représentent 40% des émissions de CO2, amenant les professionnels du secteur à repenser leurs pratiques et leurs usages. Pour les accompagner dans leur démarche de décarbonation, la société d’économie mixte locale Côte-d’Or Energies s’est associée à la SEM Nièvre Energies, la SEM Saône-et-Loire Energies renouvelables ainsi qu’au réseau Témob afin d’engager un investissement de 2 millions d’euros. L’enveloppe servira à la construction d’une station GNV et bioGNV sur une emprise de 5 000 mètres carrés à Longvic. «Le projet prévoit d’accueillir 25 camions par jour d’ici cinq ans grâce à quatre bornes. Nous espérons lancer les travaux en 2026 pour une mise en service en début d’année 2027» détaille Jean-Michel Jeannin, directeur général de Côte-d’Or Energies. Les partenaires ont réuni les acteurs locaux (transports, BTP, collectivités) pour présenter le projet et, surtout, les inciter à convertir leurs flottes au GNV.

Pléthore d’avantages

Pour convaincre les acteurs de la filière d’envisager le GNV comme carburant, l’ensemble des atouts ont été détaillés à commencer par le nerf de la guerre, l’enjeu financier. Si le prix d’achat d’un camion GNV est supérieur de 20%, le coût total de possession (TCO) reste compétitif. C’est ce qu’a détaillé Thibault Mahé, chargé de développement réseau de Témob, en analysant la rentabilité sur l’ensemble du cycle d’utilisation. «On voit que le TCO du gazole revient à 4,4 centimes à la tonne-kilomètre contre 3,9 centimes pour le biogaz. L’électricité monte à 5,2 centimes. Le TCO du bioGNV est 12% moins élevé que celui du diesel» poursuit le directeur général. Outre le prix, le GNV et le bioGNV dévoilent d’autres avantages, notamment environnementaux. «Le GNV réduit de 95% les particules fines, améliorant la qualité de l’air. C’est aussi 80% d’émissions de CO2 en moins» précise Jean-Michel Jeannin. Pour les transporteurs, le GNV a également l’intérêt de ne pas pouvoir être volé sur un parking, contrairement au gazole, de couvrir environ 800 kilomètres de distance mais aussi de diviser par deux le bruit, contribuant à améliorer le confort de conduite à en croire ceux qui ont sauté le pas.

Répondre au besoin des routiers

Sur les 130 véhicules de sa flotte, Logivia, entité logistique du groupe Dijon Céréales, compte six camions roulant au GNV, mais espère passer cette part à 50%. «Nos conducteurs se disent moins fatigués, que c’est plus agréable à conduire» explique Manuel Quignard, responsable des ressources techniques de Logivia, qui salue ce projet. «Pour l’instant, il n’y a qu’une seule station GNV publique en Côte-d’Or, à Fauverney. Pour compléter, nous en avons installé une dans le Châtillonnais qui nous est dédiée à côté du méthaniseur de Secalia» complète-t-il. Pour le responsable, le projet de Longvic répond à un besoin tandis que Côte-d’Or Énergies espère avoir planté une graine qui germera jusqu’à utiliser la future station.

Pour Aletheia Press, Nadège Hubert