Estimé à 230 millions d’euros, le projet de troisième ligne de tram constitue l’un des investissements majeurs du nouveau mandat de François Rebsamen à la tête de Dijon Métropole. Réélu mi-avril, l’ancien ministre affiche toutefois une certaine prudence budgétaire. «Nous allons rationaliser le budget, qui représente un peu plus de la moitié du coût des deux premières lignes. En revanche, les cofinancements de l’État, de la Région et du Département ne seront sans doute pas reconduits au même niveau en raison des contraintes budgétaires», regrette-t-il.
Pour financer une partie du projet, dont la mise en service est envisagée à la rentrée 2030, François Rebsamen plaide pour une hausse du versement mobilité des entreprises, actuellement fixé à 2 %, en concertation avec les acteurs économiques. «Seule l’Île-de-France a eu le droit de le faire. Il y a donc deux France, dont une France de la souffrance : la province», déplore-t-il. La future ligne T3 doit renforcer les liaisons avec Marsannay-la-Côte, ainsi qu’avec Chevigny-Saint-Sauveur, Longvic et Perrigny-lès-Dijon grâce à des connexions complémentaires par bus.
Des transports multimodaux à l’échelle du bassin de vie
Les mobilités figurent parmi les priorités du nouveau mandat de François Rebsamen. L’élu souhaite engager un travail commun avec les communautés de communes situées autour de Dijon Métropole afin de développer des solutions alternatives pour les déplacements domicile-travail. «L’emploi est dans la métropole et beaucoup de travailleurs pratiquent l’autosolisme. Nous devons donc réfléchir ensemble à des investissements de transports multimodaux», souligne-t-il.
L’objectif affiché est d’offrir de nouvelles solutions de mobilité aux habitants des territoires situés dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres autour de la métropole. Covoiturage, train ou encore bus pourraient être davantage articulés autour de pôles d’échanges renforcés, à l’image de Genlis, afin de limiter les flux automobiles vers la métropole tout en maîtrisant les coûts et les temps de trajet. À plus long terme, François Rebsamen évoque même la création d’un syndicat mixte dédié à la compétence transport. «J’aimerais travailler cette idée pour aboutir à une véritable coopération», explique-t-il, sans exclure, à terme, l’intégration de nouvelles communes au sein de la métropole dijonnaise.
Déchets, logement, énergie : les autres grands chantiers du mandat
Au-delà des mobilités, François Rebsamen souhaite engager des investissements qu’il juge «moins visibles, mais qui concernent davantage d’habitants». Parmi eux figure la rénovation de l’unité de valorisation énergétique des déchets ménagers et des déchets d’activité de soin. Cet équipement, qui dessert près de 500 000 habitants, pourrait faire l’objet d’un investissement de 180 millions d’euros. «Il s’agit de moderniser une unité qui a 20 ans et de créer une nouvelle ligne», précise le président de Dijon Métropole.
Le logement demeure également un enjeu majeur du mandat. «Nous devons construire 700 logements par an simplement pour maintenir la population. Chaque année, la métropole reçoit 12 000 demandes, dont beaucoup concernent des logements à loyer modéré», souligne François Rebsamen. La collectivité prévoit ainsi de maintenir son effort financier, avec 12 millions d’euros d’aides mobilisés chaque année sous différentes formes. Enfin, Dijon Métropole ambitionne d’accélérer sa transition énergétique avec la mise en place d’un plan de solarisation destiné à accompagner l’objectif d’une métropole décarbonée et autosuffisante à l’horizon 2050.
Pour Aletheia Press, Nadège Hubert