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AstraZeneca en passe d’atteindre une réduction de 96% de ses émissions de CO2

Le leader de l'industrie pharmaceutique s’est spécialisé dans la fabrication d’inhalateurs, exportés dans le monde entier. Rencontre avec Anne-Laure Dreno, directrice France d’AstraZeneca. 

Le site de Dunkerque d'AstraZeneca a produit 65 millions d'inhalateurs en 2024. © Alex Bonnemaison
Le site de Dunkerque d'AstraZeneca a produit 65 millions d'inhalateurs en 2024. © Alex Bonnemaison

En 2025, le site dunkerquois du groupe pharmaceutique AstraZeneca (94 000 salariés dans le monde pour plus de 44 milliards d’euros de chiffre d’affaires) a produit 65 millions d’inhalateurs destinés au traitement de l’asthme et de la bronchopneumopathie obstructive. 99 % d’entre eux étaient destinés à l’exportation dans le monde entier. Les Etats-Unis sont, toutefois, le premier marché de l’industriel (44 % de son chiffre d’affaires total). Depuis 2020, ce ne sont pas moins de 600 millions d’euros qui ont été investis dans l’usine de Dunkerque. Une bonne partie l’a été pour soutenir la croissance avec notamment la création de deux lignes de production supplémentaires. “Celles-ci doivent nous permettre d’atteindre une production de 100 millions d’inhalateurs par an d’ici 2030. Une centaine de recrutement accompagnera cette montée en charge, a précisé Anne-Laure Dreno, directrice France d’AstraZeneca, lors d’une visite de presse organisée le 13 janvier dernier.

Cependant, une part non négligeable de l’enveloppe a aussi été consacrée à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, suivant l’engagement pris par le géant pharmaceutique en 2020. “Le secteur de la santé est responsable de près de 5% des émissions mondiales de CO2. C’est même 8% en France. Or, le changement climatique constitue l’une des plus grandes crises de santé publique de notre époque. La pollution atmosphérique, la hausse des températures et la sécheresse entraînent une augmentation des maladies chroniques, en particulier des maladies respiratoires. En tant qu’acteurs de santé, nos industries ont le devoir de mieux prendre en compte l’impact environnemental de nos activités et leurs conséquences sur la santé humaine”, indique le groupe pharmaceutique.

Des inhalateurs vertueux 

L’ambition d’AstraZeneca est de réduire dès cette année 96 % des émissions sur les scopes 1 et 2 (émissions liées au process et à l’énergie utilisée) sur le site de Dunkerque, qui représente 20 % des émissions totales du groupe. Pour ce faire, des systèmes de purges sous vide et de Cryocondensation qui éliminent et captent les rejets de gaz à effet de serre sur les lignes de production ont été installés. Toutefois, la décarbonation ne se limite pas au process. Les inhalateurs produits sont également concernés. Ainsi, ceux-ci intégreront désormais un nouveau gaz propulseur non fluoré. Le gaz fluoré a, en effet, un pouvoir réchauffant encore supérieur au carbone. L’association environnementale française, “The Shift Project” évalue même dans un rapport publié en juin 2025, à 360 000 tonnes, les “équivalent carbone” émis par les inhalateurs à gaz fluoré, soit 4 % des émissions du secteur de l’industrie pharmaceutique.

Toutes les lignes du site de Dunkerque seront équipées avant la fin de l’année 2026 pour produire ces nouveaux inhalateurs sans gaz fluoré. “Ce projet fait la fierté de nos équipes qui le mènent dans un contexte de forte croissance de notre production”, s’est réjouie Welha Ziri, directrice du site AstraZeneca Dunkerque.