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Fitch maintient la note de la France, à l'économie solide malgré une dette publique élevée

L'agence de notation Fitch a maintenu vendredi la note de la dette souveraine de la France à A+ avec perspective stable, soulignant la solidité de son économie et de ses institutions, tout en pointant une dette publique élevée et un contexte politique qui limite...
Fitch rend son verdict sur la note de la France © Lionel BONAVENTURE

Fitch rend son verdict sur la note de la France © Lionel BONAVENTURE

L'agence de notation Fitch a maintenu vendredi la note de la dette souveraine de la France à A+ avec perspective stable, soulignant la solidité de son économie et de ses institutions, tout en pointant une dette publique élevée et un contexte politique qui limite sa marge de manoeuvre pour assainir les finances publiques.

Fitch Ratings relève dans un communiqué que la France dispose d'une économie diversifiée avec un revenu par habitant et des indicateurs de gouvernance supérieurs à la médiane des pays notés dans la catégorie A+. 

En revanche, "un niveau de dette publique élevé et en hausse, un contexte sociopolitique qui complique l'assainissement budgétaire à moyen terme et un potentiel de croissance relativement faible pèsent sur la notation", précise l'agence américaine.

La décision de Fitch "s'inscrit dans le prolongement des efforts engagés par le gouvernement dans le cadre du budget 2026 pour maîtriser les finances publiques", a salué le ministre de l'Economie Roland Lescure dans une déclaration transmise à l'AFP.

"Le gouvernement reste pleinement mobilisé pour poursuivre la réduction du déficit et de la dette", a-t-il assuré.

Des discussions "difficiles" pour le budget 2027

Depuis septembre, Fitch Ratings note la France en A+, considérant ainsi sa dette comme "de qualité moyenne supérieure". 

L'agence déplorait à l'automne "le faible bilan" français en matière de réduction du déficit public et de respect des règles budgétaires de l'Union européenne et s'inquiétait "de la fragmentation et de la polarisation croissantes de la vie politique française".

Six mois plus tard, on constate que la croissance française a été en 2025 un peu meilleure que ce que le gouvernement prévoyait, de 0,9% au lieu de 0,7%.

De plus, le Premier ministre de centre-droit Sébastien Lecornu a réussi à faire adopter un budget "de compromis", avec l'appui des socialistes, en février.

Mais le budget 2026 n'a été adopté qu'au prix d'une réduction du déficit public moindre qu'espéré (5% du PIB inscrit dans la loi de finances au lieu de 4,7% dans le projet de budget), après 5,4% en 2025. Car le gouvernement a dû faire des concessions importantes à la gauche, dont la suspension de la réforme des retraites.

"Les discussions sur le budget 2027 devraient être tout aussi difficiles", estime Fitch dans son communiqué, indiquant qu'il "existe peu de marge pour une consolidation budgétaire rapide avant l'élection présidentielle de 2027".

Côté déficit public, Fitch l'attend à 4,9% du PIB en 2026, "proche de l'objectif gouvernemental de 5%". "Cela représenterait une légère amélioration par rapport aux 5,4% estimés pour 2025, mais resterait supérieur à la médiane de 3,3 % pour les pays notés A", précise l'agence.

2026 n'est pas 2022

Il reste par ailleurs trop tôt pour que Fitch prenne en compte dans sa notation d'éventuelles évolutions des données de finances publiques de la France provoquées par la guerre au Moyen-Orient.

Jeudi sur France Inter, le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau convenait que la guerre pourrait "entraîner un peu plus d'inflation et un peu moins de croissance", mais que la proportion "dépendrait de la durée du phénomène".

Il assurait "qu'il n'y aurait pas de récession", en remarquant qu'en matière de risques d'inflation, "2026 n'est pas 2022", l'année du début de la guerre en Ukraine qui avait fait s'envoler les prix de toutes les matières premières, et pas seulement des hydrocarbures.

Eric Dor, professeur à l'école de commerce IESEG, remarque de surcroît que la France est relativement protégée d'une inflation liée au pétrole et au gaz, dont les prix ont nettement augmenté ces derniers jours, par son abondante énergie nucléaire.

Les deux autres grandes agences doivent se prononcer sur la note française dans les prochaines semaines: Moody's le 10 avril puis S&P Global Ratings le 29 mai. 

Cette dernière a également abaissé la note française à A+ à l'automne, avec aussi une perspective stable.

Moody's la classe toujours Aa3, c'est-à-dire en bas de la catégorie "qualité haute ou bonne", mais avec une perspective négative. C'est-à-dire que son prochain mouvement pourrait être de l'abaisser à A1, l'équivalent de A+ chez S&P et Fitch.