Encore une bonne nouvelle pour le territoire dunkerquois ! Annoncée en mai 2023 lors du sommet Choose France, l’implantation d’une usine de fabrication de matériaux actifs de cathode sur les communes de Gravelines et Loon-Plage, dans l’agglomération dunkerquoise, vient d’être confirmée par le conseil d’administration de Neomat CAM. Les travaux vont commencer d’ici quelques semaines. Il s’agit d’un investissement de 500 millions d’euros.
Neomat CAM est le nom commercial d’une co-entreprise détenue à 49% par le groupe français Orano, spécialiste de la valorisation des matières nucléaires, et par le groupe chinois XTC New Energy, l’un des leaders mondiaux des solutions de stockage d’énergie.
La construction de l’usine doit s’achever en 2028. Elle sera alors en capacité de produire annuellement 40 000 tonnes de CAM (Matériaux actifs de cathode), qui représentent 40% de la valeur des batteries pour véhicules électriques. Leur qualité a aussi un rôle important sur les performances et la durée de ces dernières. Cette production permettra d’équiper 500 000 batteries par an. 400 personnes seront embauchées, en très grande majorité localement, dont 20% de cadres et agents de maîtrise.
Deux autres usines à venir
L’implantation de Neomat vient conforter la filière de la batterie en train de naître sur le territoire dunkerquois avec le début de la production dans la giga usine du français Verkor en 2025 à Bourbourg et la pose de la première pierre de la future giga usine du taïwanais ProLogium il y a quelques semaines à Craywick.
Les CAM de la nouvelle usine vont être utilisés par ses deux voisins producteurs de batteries. Neomat vise également le marché de la mobilité électrique dans toute l’Europe. D’ailleurs, si les conditions de marchés sont au rendez-vous, l’entreprise ambitionne déjà de multiplier par deux sa production d’ici 2035, avec l’objectif d’un million de batteries équipées par an et la création de 1 200 emplois.
Dans un deuxième temps, Neomat CAM souhaite implanter une deuxième usine à côté de la première pour fabriquer son propre P-CAM suivant un procédé développé par XTC New Energy et Orano. Ce composé d’oxyde de cobalt, nickel et manganèse se présente sous forme d’une poudre noire. II est indispensable pour fabriquer les CAM. A terme, la nouvelle unité de production pourrait en produire 80 000 tonnes par an, ce qui couvrirait les besoins de l’usine de CAM.
Enfin, un autre volet du projet concerne l'implantation d'une usine de recyclage de batteries en fin de vie ou des rebuts de production. Son principal intérêt serait de pouvoir récupérer les matériaux d’intérêt, le nickel, le manganèse, le cobalt et le lithium, lesquels pour être utilisés pour fabriquer le P-Cam en remplacement de matériaux issus de l’exploitation minière.