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Emmanuel Macron dévoile les contours d'un service militaire volontaire

Le président a confirmé que ce nouveau dispositif, baptisé service national, serait lancé mi-janvier. D'une durée de dix mois, il aura pour objectif de répondre aux besoins des armées, au moment où l'exécutif et l'état-major mettent en garde contre les risques accrus de conflit.

Emmanuel Macron à Varces, en Isère, le 27 novembre 2025. © AFP
Emmanuel Macron à Varces, en Isère, le 27 novembre 2025. © AFP

Emmanuel Macron a dévoilé jeudi un nouveau service militaire volontaire censé répondre aux besoins des armées, au moment où l'exécutif et l'état-major mettent en garde contre les menaces russes et les risques accrus de conflit, quitte à enflammer le débat politique.

"La peur n'évite jamais le danger. La seule façon de l'éviter est de s'y préparer", a déclaré le chef de l'État dans son discours, au sein de la 27e Brigade d'Infanterie de Montagne (BIM) de Varces, en Isère, au pied du massif du Vercors enneigé. Il a aussi prévenu que les volontaires serviront exclusivement sur le territoire national. Une manière d'essayer de faire taire la polémique politique suscitée par les propos du chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon, qui avait estimé que le pays devait être prêt à "accepter de perdre ses enfants".

Emmanuel Macron a donc confirmé que ce nouveau dispositif, baptisé simplement service national, sera lancé avec un début de sélection des candidats dès mi-janvier. Il durera dix mois.

Besoin d'engagement de la jeunesse

Promesse du candidat Macron en 2017 au nom de la cohésion nationale, lancé en 2019, le SNU, destiné aux mineurs de 15 à 17 ans, n'a jamais pu être généralisé. Et il "n'est aujourd'hui plus adapté au contexte stratégique" créé par l'invasion russe de l'Ukraine en 2022, reconnaît l'Élysée. Son successeur s'en éloignera en réalité largement, même s'il doit répondre au même "besoin d'engagement de la jeunesse".

Emmanuel Macron avait annoncé en janvier son intention de permettre à une jeunesse volontaire d'apprendre avec les armées et d'en renforcer les rangs en cas de besoin. Sans toutefois aller jusqu'à rétablir la conscription, service militaire obligatoire supprimé en France en 1997. Depuis, le gouvernement et les hauts gradés ont planché sur les meilleurs moyens de donner une "masse supplémentaire" aux armées. 

Jusqu'à 50 000 jeunes par an

Le nouveau service national va naître en temps de grave disette budgétaire, alors qu'il faudra héberger, équiper et encadrer les jeunes recrues. Son émergence sera donc phasée dans le temps."Ça démarrera lentement", selon une source ayant connaissance du dossier, qui évoquait récemment un effectif de 2 000 à 3 000 personnes la première année, avant une montée en puissance avec un objectif à terme de 50 000 par an. Selon des informations, la durée envisagée serait de dix mois et il serait rémunéré à hauteur de plusieurs centaines d'euros.

Pour mémoire, l'actuel service militaire volontaire (SMV), créé en 2015 et choisi par 1 000 jeunes environ par an, ainsi que son équivalent ultramarin, le service militaire adapté (SMA, près de 6.000 jeunes par an), perdureront en parallèle, a assuré l'Elysée. Leur objectif est différent : il s'agit de dispositifs de formation et d'insertion professionnelle avec un encadrement militaire.