Sauvegarder l'article
Identifiez vous, pour sauvegarder ce article et le consulter plus tard !

Apartheid, économie : Macron entame une visite en Afrique du Sud avant le G20

Le président est arrivé vendredi en Afrique du Sud, deuxième étape de sa tournée africaine, pour renforcer les liens économiques avec ce pays et rendre hommage à la lutte contre l'apartheid, avant l'ouverture du sommet du G20, ce week-end.


Emmanuel Macron et le président sud-africain Cyril Ramaphosa, à Sandton, en Afrique du Sud, le 21 novembre 2025. © Ludovic Marin
Emmanuel Macron et le président sud-africain Cyril Ramaphosa, à Sandton, en Afrique du Sud, le 21 novembre 2025. © Ludovic Marin

Emmanuel Macron est arrivé vendredi en Afrique du Sud, deuxième étape de sa tournée africaine, pour renforcer les liens économiques avec ce pays et rendre hommage à la lutte contre l'apartheid, avant l'ouverture du sommet du G20 samedi. Il s'est entretenu dès son arrivée à Johannesburg avec son homologue sud-africain Cyril Ramaphosa, avec lequel il a noué, selon son entourage, "une relation d'amitié, d'estime, très proche". Les deux dirigeants doivent notamment évoquer la situation à Madagascar, un mois après la fuite du président Andry Rajoelina et l'arrivée au pouvoir d'un nouveau chef de l'État.

Le président français va aussi effectuer une visite hautement symbolique au mémorial de la lutte contre l'apartheid à Pretoria. 15 noms de Français seront dévoilés à cette occasion sur le mur des héros du monument. Parmi eux figurent les écrivains Jean-Paul Sartre et Aimé Césaire, Frantz Fanon, figure de l'anticolonialisme, l'ancien député européen Paul Vergès, le philosophe Paul Ricoeur et le rugbyman international François Moncla, marqué à vie par l'apartheid lors d'une tournée du XV de France en Afrique du Sud en 1958. "La France était à travers ses artistes, ses figures culturelles, intellectuelles, politiques, en soutien de la lutte contre l'apartheid", souligne la présidence française.

Lire aussi : A Madagascar, Macron veut créer les "conditions du pardon" de la colonisation

Déterminé à accroître les liens économiques avec l'Afrique anglophone, le chef de l'État assistera par ailleurs au lancement d'un conseil d'affaires franco-sud-africain en présence des grands patrons du pays, sur le modèle de celui qui existe déjà au Nigeria. Le président sud-africain accueille ce weekend le premier sommet du G20 en Afrique, lors duquel il entend obtenir des engagements sur l'allègement de la dette des pays en développement et sur la lutte contre les inégalités, en l'absence notable du président américain Donald Trump qui boycotte l'événement.

Implantation d'entreprises françaises

A l'île Maurice, première étape de sa tournée, Emmanuel Macron a plaidé pour un renforcement de la coopération régionale dans le sud-ouest de l'océan Indien face aux défis sécuritaires auxquels la zone est confrontée. A chaque étape de son voyage, il va "promouvoir des solutions économiques dans un partenariat gagnant-gagnant au service de nos entreprises, au service des Français, au service des pays africains", assure l'Élysée. Les entreprises françaises espèrent ainsi participer à la diversification de l'économie gabonaise, jusqu'ici largement centrée sur le pétrole, notamment dans l'exploitation de minerais.

Mais cette nouvelle politique africaine, gravée dans le marbre lors du discours présidentiel de Ouagadougou en 2017 et marquée par la volonté de se distancier de l'héritage de la France coloniale (la "Françafrique"), peine à se concrétiser. La volonté de se tourner vers l'Afrique anglophone est souvent mal perçue par les pays francophones du continent. Tout comme celle de s'adresser directement à la jeunesse et à la société civile, sans convier de chefs d'État africains, comme lors du sommet Afrique-France de 2021 à Montpellier. Des postures mal comprises, voire jugées paternalistes au moment où l'armée française, engagée dans une opération antijihadiste, était boutée hors du Sahel face à la montée du sentiment anti-français. Parallèlement, la part des échanges franco-africains a reculé dans le commerce africain global.