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En Gironde, les évacués attristés par le "terrible" spectacle du feu

"Nous venons ici tous les ans, c'est terrible": à Lège-Cap-Ferret, une touriste belge évacuée mercredi soir d'un camping proche de l'incendie qui sévit au nord du bassin d'Arcachon, n'a "pas peur"...
Un homme se repose sur un lit de camp avec son chien dans une salle au Porge, en Gironde, ouverte pour les personnes évacuées en raison de l'incendie qui sévit au nord du bassin d'Arcachon, le 23 juillet 2026 © ROMAIN PERROCHEAU

Un homme se repose sur un lit de camp avec son chien dans une salle au Porge, en Gironde, ouverte pour les personnes évacuées en raison de l'incendie qui sévit au nord du bassin d'Arcachon, le 23 juillet 2026 © ROMAIN PERROCHEAU

"Nous venons ici tous les ans, c'est terrible": à Lège-Cap-Ferret, une touriste belge évacuée mercredi soir d'un camping proche de l'incendie qui sévit au nord du bassin d'Arcachon, n'a "pas peur" mais est "triste" pour la population locale.

Elke Urbain, 50 ans, venue d'Anvers, a passé la nuit dans une salle communale, après 10 jours sous la tente avec ses deux filles et des amis.

"Nous étions sur la plage et ils nous ont dit de rentrer au camping pour récupérer nos affaires", raconte-t-elle à l'AFP. La famille était déjà là, en 2022, "mais pas au moment des feux" qui avaient déjà ravagé la forêt des Landes de Gascogne.

"Nous n'avons pas peur parce que tout le monde s'occupe de nous" mais "nous sommes tristes pour les gens d'ici", dit-elle.

L'incendie, d'origine probablement accidentelle, a déjà parcouru 3.400 hectares depuis mercredi, conduisant à l'évacuation d'environ 20.000 personnes dans une dizaine de campings, ainsi que des quartiers du Porge et de Lège-Cap-Ferret, une zone très touristique.

Tenir quelques jours

Jeudi matin, le maire du Porge, Martial Zaninetti décrivait une "nuit assez mouvementée". "Nous nous préparons à tenir quelques jours", a ajouté l'édile, tandis que des habitants servaient repas et boissons aux secours et aux évacués dans la salle des fêtes.

À Lège-Cap-Ferret, 500 lits de camp ont été installés dans une salle communale et deux gymnases. Une trentaine de personnes à mobilité réduite ont été évacuées de chez elles ou d'un Ehpad, selon le responsable local de la Sécurité, Thomas Héron.

Un panache sombre y couvrait le ciel en fin de matinée, des cendres planant dans l'air, selon des journalistes de l'AFP. Le bruit des hélicoptères et des avions se faisait entendre, sans qu'ils ne soient visibles.

"Il y a du café et du papier dans les toilettes, on est mieux qu'au camping", plaisantait Firmin Fournier, étudiant de 21 ans évacué d'un camping pendant la nuit. "Mais c'est triste de voir l'incendie."

On ne voulait pas partir

Jean-Luc Helias, 54 ans, habitant du Porge, était encore au travail quand ses proches ont dû quitter leur domicile mercredi soir.

"On a connu les incendies d'il y a quatre ans et les pompiers font un travail remarquable pour sauver les habitations. Mais ce qui compte, c'est de mettre ma famille à l'abri, le reste c'est du matériel", dit-il, inquiet surtout "pour les gens, la faune, la flore, tout ce biotope détruit".

"On ne voulait pas partir, avec mon mari qui est handicapé", témoigne une autre évacuée de la commune, Christiane Malois, 78 ans. "À travers la baie vitrée, on a commencé à voir le trottoir devenir noir de cendres. Derrière notre maison, nous avons des voisins avec des chevaux, les bêtes hurlaient", raconte-t-elle à l'AFP.

"Les gendarmes sont venus à 19H00 pour nous dire de partir, on a refusé. Mon mari a arrosé autour de la maison mais à minuit, ils sont revenus, nous ont expliqué que ça arrivait vite, avec des flammes énormes… Là, je me suis dit : +Il faut qu'on parte+", ajoute-t-elle dans la salle des fêtes où le couple a trouvé refuge.

Non loin, Patrick Martineau, 69 ans, qui habite la commune depuis six ans avec son épouse, recharge son portable. "Les gendarmes sont venus toquer à chacune des maisons, le feu était à 500 m environ. On a pris des affaires et on est parti", relate-t-il.

"On a dormi dans notre voiture, enfin on n'a pas vraiment dormi... (...) On a un peu peur et du mal à réaliser ! C'est surréaliste. Quand on a acheté ici, on ne pensait pas au risque d'incendie."