Entre défis et ambitions, la Capso trace sa feuille de route
Les vœux 2026 de la Capso se sont tenus le 23 janvier à Scénéo Longuenesse. L’occasion pour son président Laurent Denis de dresser le bilan de l’année écoulée et de présenter les grandes orientations à venir.
Ce 23 janvier à Scénéo Longuenesse, la communauté d’agglomération du Pays de Saint-Omer (Capso) présentait ses vœux. Dès l’ouverture de son discours, Laurent Denis, président du Pays de Saint-Omer, est revenu sur l’actualité sociale marquante de ce début d’année : la mise en redressement judiciaire d’Arc France, annoncée le 7 janvier. «La Capso met tout en œuvre pour soutenir les salariés. Nous avons déjà rencontré à plusieurs reprises les organisations syndicales», a-t-il assuré. L’objectif est clair : permettre aux salariés de retrouver rapidement un emploi ou une formation sur le territoire.
Laurent Denis a toutefois tenu à souligner que l’histoire d’Arc France n’est pas terminée, plusieurs repreneurs s’étant déjà manifestés. Pour contrebalancer, il a mis en avant les initiatives positives du territoire, comme le restaurant Le Bacôve à Saint-Omer, porté par le chef étoilé Camille Delcroix, qui fait salle comble, ou encore l’installation à Arques de l’entreprise Croc la Vie, spécialisée dans la restauration collective 100% bio pour les moins de trois ans.
Innover et créer des emplois
En 2025, le développement économique s’est confirmé comme la priorité de l’agglomération. «Nous avons continué à soutenir les entreprises afin de créer de l’économie et de l’emploi sur notre territoire», a rappelé Laurent Denis. La Capso est intervenue sur l’acquisition de terrains, de bâtiments et de matériel, tout en facilitant les démarches administratives et financières. Bilan : 19 projets d’entreprises accompagnés, 17 millions d’euros d’investissements et 90 emplois créés. Pour 2026, l’agglomération compte maintenir le cap.

La feuille de route reste inchangée : accueillir des entreprises efficientes, capables de «produire plus avec moins de ressources». L’agglomération souhaite également rester un territoire qui initie et pérennise les projets. La Station, créée il y a six ans, accompagne actuellement cinq projets incubés. Le Rev3 Lab a accéléré dix projets sur six mois, tandis que le parcours créateur doit gagner en visibilité grâce à des outils et événements dédiés à l’entrepreneuriat. «Les idées doivent passer au stade projets», affirme le président de la Capso.
Côté commerce, une nouvelle charte de dynamique commerciale a été adoptée en juin dernier et devrait se poursuivre en 2026. En 2025, 1,7 million d’euros ont été mobilisés, chaque euro investi générant trois euros pour les commerçants. L’opération «Ma boutique en Pays de Saint-Omer» permettra, elle, aux entrepreneurs de continuer de tester leur activité dans des locaux vacants en centre-ville ou centre-bourg.
Transformer et retenir les forces vives
Sur le plan économique, la collectivité concentre ses efforts sur trois axes : accompagner la transformation des entreprises, adapter les ressources humaines en lien avec le monde éducatif, et poursuivre la création de zones d’activités pour retenir les talents sur le territoire. Les travaux engagés en 2025, se poursuivront en 2026.
Le 2 décembre dernier, le premier salon Information Jeunesse, dédié à la formation, a réuni 2 500 jeunes. «Nous sollicitons désormais les entreprises pour qu’elles accueillent davantage de jeunes en stage et en alternance. L’idée est de garder les forces vives sur notre territoire», a précisé Laurent Denis.
Autre projet structurant : le Quai des initiatives solidaires (QIS), futur tiers-lieu dédié à l’économie sociale et solidaire à Saint-Omer, a été validé en décembre dernier. Il sera installé dans un ancien bâtiment France Pare-Brise, il proposera coworking, formations et événements, et s’inscrit dans la revitalisation du quartier Quai du Commerce – Saint-Sépulcre. Les travaux devraient débuter.
L’héritage de Joël Duquenoy
La cérémonie s’est conclue par un hommage appuyé à Joël Duquenoy, ancien président de la Capso, disparu en 2025. Depuis juin dernier, Scénéo Longuenesse porte officiellement son nom. «Il parlait peu, mais il était très actif. Il disait souvent : 'Je souffre quand mon pays va mal' », a rappelé Laurent Denis. «C’est à lui que l’on doit la création de Scénéo. Longtemps encore, on dira sur le territoire : ça, c’est l’héritage de Joël».
Pour Aletheia Press, Lolita Péron Vranesic