Le secrétaire général de Force ouvrière (FO), Frédéric Souillot, a ouvert lundi le 26e congrès de la troisième organisation syndicale, qui se tient à Dijon jusqu'à vendredi, en accueillant, sous des applaudissements nourris, Cécile Kohler et Jacques Paris, ses deux militants et ex-détenus en Iran.
"Nous sommes tous particulièrement heureux d’accueillir ici deux camarades, Cécile et Jacques", a déclaré Frédéric Souillot, en référence aux deux militants de FO emprisonnés en Iran au cours d'un séjour personnel et rentrés en France, début avril, après près de quatre ans de calvaire.
Devant les quelque 4.000 délégués, il a dénoncé dans son discours "les conflits (qui) se multiplient, toujours plus nombreux".
"Ces attaques bafouent le droit international et menacent chaque jour d’un basculement dans une guerre encore plus dévastatrice", a souligné M. Souillot, citant l'Iran, le Liban et Gaza.
"Continuons de nous mobiliser pour la solidarité internationale. Nous ne pouvons pas nous résoudre à céder au moins-disant social", a-t-il ajouté, dans un message très attendu par les militants de la gauche radicale présents dans les rangs de FO.
Le secrétaire général est également revenu sur les conséquences de ces conflits en France, et a raillé "l'exécutif", qui refuse de parler de "choc pétrolier" alors que "de nombreuses activités se retrouvent sous pression", mettant "en danger des milliers de postes" et "une nette baisse de pouvoir d’achat".
Le syndicat demande au gouvernement de "plafonner à 1,50 euro le prix des carburants", a rappelé son patron, sous les applaudissements des délégués.
Il a également prévenu le gouvernement que FO "défendra le 1er Mai jusqu'au bout", après l'annonce vendredi du Premier ministre d'autoriser les boulangeries et fleuristes à ouvrir le 1er mai 2026 en faisant appel à des salariés "volontaires".
En dépit d'un dialogue social, de nombreuses fois mis à mal ces dernières années, Frédéric Souillot a assumé de "maintenir le dialogue avec les pouvoirs publics (…) Ne pas y être, c’est ne pas porter la contradiction et puis la politique de la chaise vide, ce n'est pas la politique de Force Ouvrière".
Jeudi, Frédéric Souillot répondra aux délégués et présentera ses orientations pour un deuxième mandat (2026-2030). Sa réélection quasi certaine - il est seul candidat - sera votée vendredi par les membres du Comité confédéral national (CCN), le "parlement" de FO, réunissant représentants des fédérations et des unions départementales.
Au cours de la prochaine mandature, Frédéric Souillot cherchera à poursuivre le développement d'une organisation qui n'a jamais été aussi réunie et pacifiée en interne.
Talonnée par le syndicat des cadres - la CFE-CGC - lors des dernières mesures d'audience en 2025, FO doit encore "progresser", a estimé auprès de l'AFP M. Souillot, notamment chez les cadres. "Ils sont aujourd'hui les ouvriers d'hier", estime le dirigeant.
Pour se développer, le syndicat compte s'appuyer sur une "carte de France" qui indiquera "où les élections vont avoir lieu, combien il y a d'organisations syndicales, le pourcentage" et analyser les "endroits où nous sommes et où nous sommes en train de péricliter", a détaillé le dirigeant.
"Comment est-ce qu'on leur redonne envie?", interroge le patron de FO, qui compte désormais plus de 500.000 adhérents.