Dossier

Forte croissance du tourisme en 2025

Le tourisme en France a connu une forte expansion en 2025, d'après Atout France, notamment grâce à un effet JO. Mais le modèle français reste moins rentable que celui espagnol.

De gauche à droite, le ministre Serge Papin,  Adam Oubuih, DG d’Atout France et Christian Mantei, président d'Atout France. © Anne DAUBREE

De gauche à droite, le ministre Serge Papin, Adam Oubuih, DG d’Atout France et Christian Mantei, président d'Atout France. © Anne DAUBREE

Les chiffres sont « historiques » selon Atout France, agence de développement touristique du pays. Le 19 février, au ministère de l'Économie, ses représentants dévoilaient les résultats du tourisme en 2025. Le pays a attiré 102 millions de visiteurs internationaux. C'est 3% de plus qu'en 2024, et 13% de plus qu'en 2019. «Dans la période d'après Covid, la France se distingue comme la destination leader et dynamique», analyse Adam Oubuih, directeur général d’Atout France. Le pays détient le record mondial du nombre de visiteurs, devant l'Espagne et l'Italie. En 2025, ce tourisme de l'étranger représente 743 millions de nuitées (marchandes et non-marchandes), en croissance de 2% par rapport à l'année précédente. Dans cette dynamique, «les Jeux Olympiques ont joué un rôle très important», estime Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat.

En termes de provenance de visiteurs, «la France reste très attractive auprès de son socle européen. (…) Elle a la capacité d'attirer sur un marché déjà mature», détaille Adam Oubuih. Les Européens sont à l'origine des trois-quarts des nuitées étrangères. Allemands et Belges sont les plus nombreux (14,6 millions chacun), suivis des Britanniques (13,1 millions ). Espagnols, Italiens et Hollandais ne viennent qu'ensuite, mais leur fréquentation a crû de 5% l'an dernier. Pour les marchés dits «de conquête», par Atout France, les Américains fournissent les contingents les plus importants (5,5 millions de visiteurs), avec une fréquentation en très forte augmentation (+17%). C'est aussi le cas de celle des Japonais. Par ailleurs, la France demeure la destination privilégiée des Français, avec 835 millions de nuitées enregistrées dans l’hébergement marchand et non marchand.

Autre constat d'Atout France, en termes de destination, «la répartition de l'hébergement marchand confirme une réalité bien connue : le sud est le principal moteur de fréquentation touristique», commente Christian Mantei, président d'Atout France. Les quatre régions du Sud concentrent à elles seules 51% des nuitées marchandes, contre 17% pour Paris et l’Île-de-France. Néanmoins, en 2025, «toutes les régions ont connu des hausses de fréquentation», plus ou moins importantes. C'est dans la moitié nord que le nombre de nuitées a le plus augmenté : + 6,5% en Hauts-de-France, + 6,2% en Normandie ,+ 5,6% en Bretagne, et + 5,6% en Grand Est. Le littoral demeure la destination favorite des touristes, suivi de la montagne et de la campagne.

Relever le défi espagnol ?

Au-delà de ceux de la fréquentation, le bilan d'Atout France présente d'autres indicateurs positifs. En 2025, les recettes touristiques internationales ont atteint 77,4 milliards d'euros, soit 9% de plus qu'en 2024 et 37% de plus qu'en 2019. Autre indicateur favorable : la dépense moyenne par touriste international a augmenté de 7% par rapport à 2024, pour atteindre 760 euros par séjour. Ces tendances sont le résultat d'un travail réalisé sur l'offre qui a monté en gamme, selon Atout France. Par exemple, le nombre d'emplacements 5 étoiles dans les campings a augmenté de 30% depuis 2022. C'est le résultat d'un «cycle exceptionnel» d'investissements dans le tourisme- soutenus par l’État- post-Covid : 21 milliards d'euros annuels, en moyenne, entre 2022 et 2024. Pour autant, le tourisme en France continue de rester moins rentable que celui espagnol, qui attire moins de visiteurs, mais pèse – selon Bercy- 105 milliards de recettes.

Les explications sont multiples. Tout d'abord, selon Atout France, les modèles de tourisme des deux pays diffèrent. Celui espagnol est basé sur l’existence d'une très large offre de logements le long du littoral. Bien desservi, proposé à des tarifs attractifs, il favorise les longs séjours. Par ailleurs, «la France est un pays de flux, l'Espagne est un pays de destination», note Serge Papin qui rappelle le cap (fixé l'an dernier) pour le secteur : 100 milliards d'euros de recettes internationales en 2030. Parmi les priorités pour y parvenir, figure la diversification du tourisme, à la fois géographique et dans son contenu. Certaines formules existent déjà, qui devraient être davantage déployées : œnotourisme, tourisme mémoriel, du savoir-faire... D'autres pourraient être développées comme l'agritourisme, un modèle qui combine agriculture et hospitalité. Par ailleurs, «nous devons faire du tourisme durable notre avantage compétitif majeur. (…) Ce n'est pas une contrainte, mais une opportunité stratégique», ajoute Serge Papin.

Autre priorité, la simplification de la vie des acteurs du tourisme. Par exemple, un décret récent redéfinit les tentes de camping comme pouvant être dotées d'un plancher et raccordées à l'eau et à l’électricité. «Cela va permettre à l’hôtellerie de plein air de gagner 66 M€ de chiffre d’affaires supplémentaires par an», estime Serge Papin. Pour le ministre, la France possède des atouts uniques en tant que destination touristique. Mais les difficultés ne manquent pas, à l'image des 61 000 emplois non pourvus dans le secteur. «Le tourisme n'est pas une rente», prévient-il.

Aider 300 000 familles à partir en vacances

L'Agence nationale pour les chèques-vacances a mis sur pied un portail qui répertorie 22 aides au départ en vacances. Elles concernent un million de bénéficiaires (jeunes, handicapés, familles défavorisées...). Ces aides émanent de divers organismes (Caisses d'allocations familiales, Mutualité sociale agricole...). A terme, le portail devrait intégrer celles d'autres acteurs (collectivités, associations... ). Quatre Français sur 10 ne partent jamais en vacances. (https://www.ancv.com).