«On ne se protège jamais assez», a martelé Xavier Bertrand, Président de la région Hauts-de-France lors de l’ouverture de la 18e édition du Forum In Cyber, qui s’est déroulée à Lille Grand Palais ce 31 mars 2026. «On ne se protège jamais assez et on ne fait pas assez de prévention face aux risques en tout genre», et notamment cyber, explique-t-il. Une volonté de protection qui fait sens alors que les alliés d’hier – comme les États-Unis – ne sont plus aussi fiables qu’auparavant et que les attaques cybercriminelles sur les organismes officiels et les entreprises se multiplient en France et en Europe.
Comme l’a rappelé le Général Watin-Augouard, créateur du Forum In Cyber, «nous sommes dans l’ère de l’hyperconnexion, et de nombreuses structures et process sont dépassés» au niveau des instances décisionnelles. Un problème d’autant plus important selon lui que dans un contexte de guerre, savoir gérer au mieux les questions cyber est essentiel : «La cyber est présente avant, pendant et peut-être même après les conflits».
La souveraineté comme pilier
Les risques pour les pays européens sont donc trop grands pour garder une dépendance aussi forte avec des nations non-européennes. Les décideurs présents au Forum l’ont rappelé : la souveraineté sur ce sujet est primordiale. «Après une Europe passive et pas sûre d’elle, il faut une Europe souveraine et solide», clame le Général Watin-Augouard, accompagné sur ce point par Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la Souveraineté technologique, de la Sécurité et de la Démocratie. Pour cette dernière, «les dépendances sont des menaces importantes» au niveau civil et économique. Mais la souveraineté, portée par les décideurs européens, n’est pas synonyme d’isolationnisme. «La souveraineté n’est pas s’éloigner du monde. C’est d’avoir des solutions pour nous et pour le reste du monde aussi. L’Europe doit être plus indépendante, sans être seule», a précisé Henna Virkkunen.
Cette souveraineté amène aussi «une obsession», selon les mots de Xavier Bertrand : «Prendre un temps d’avance, qui passe obligatoirement par le défi de l’IA». Un défi que la France et la région Hauts-de-France assurent être prêtes à relever, tout comme celui de la cybersécurité. Le départ de cette course a donc été donné le 31 mars 2026, à Lille.
Une saine concurrence
L’indépendance n’empêche pas la concurrence, et des centaines d’exposants sont présents au Forum In Cyber, venu de France et des pays européens, comme le Luxembourg, les Pays-Bas ou la Belgique. Chaque entreprise présente cherche à montrer qu’elle peut avoir un impact global sur la cybersécurité, avec des solutions novatrices, malgré parfois une différence de moyens conséquente et des particularités locales importante, comme en Belgique par exemple. Pour Nils Kelecom, de la société bruxelloise Atomnia, «s’il peut y avoir une séparation entre la Flandres et la Wallonie, sur ce sujet, nous travaillons ensemble, même si la Flandres a plus de possibilités d’investissements».