Gabriel Attal: chez Renaissance, combien de divisions ?
Chez Renaissance, Gabriel Attal contrôle les instances et le groupe de députés. Il entend en faire "un vrai parti" et dispose de moyens importants pour préparer l'élection présidentielle. Mais sa stratégie ne fait pas...
Chez Renaissance, Gabriel Attal contrôle les instances et le groupe de députés. Il entend en faire "un vrai parti" et dispose de moyens importants pour préparer l'élection présidentielle. Mais sa stratégie ne fait pas l'unanimité, certains ténors critiquant une démarche "personnelle".
Renaissance organisait mardi soir la "Nuit de la Nouvelle République" au Palais Brongniart à Paris. Une soirée de débats dont la teneur tranchait quelque peu avec leurs intitulés iconoclastes ("Faut-il tout péter pour refonder la France ?", "Ecologie, économie, autorité: tout est foutu ?").
Avec des invités de marque, de Patrick Martin (Medef) et Amir Reza-Tofighi (CPME) à Marylise Léon, ou encore Alain Finkielkraut, un peu bougon de devoir répondre à une question posée par l'animateur de la soirée, une intelligence artificielle baptisée "Nuit", qui ne s'est pas formalisée des remontrances de l'académicien.
"Ce n'est pas un meeting politique", a expliqué en ouverture Gabriel Attal. Car "dans la période d'affrontements, de doute que traverse notre pays, je veux y voir une forme de parenthèse, loin du tumulte de la vie politique" car "notre pays a besoin d'apaisement".
Peu de membres de Renaissance ont pris la parole. Car l'évènement n'était "pas axé autour d'une personnalité ou d'un parti", avait fait valoir l'entourage de M. Attal.
"Nouvelle République" ? Si le changement de nom n'est pas encore officiel -renvoyé à l'après-municipales-, l'appellation s'affiche déjà au fronton du siège du parti.
Cette démarche, l'ancien Premier ministre l'a lancée en septembre à Arras. Lors de cette rentrée du parti, un certain nombre de ténors avaient séché son discours, invoquant malicieusement les Journées du patrimoine, en réalité pour protester contre la tonalité trop émancipée de leur secrétaire général vis-à-vis d'Emmanuel Macron.
Parmi eux, Élisabeth Borne, qui a remis une pièce lundi, expliquant qu'elle ne se rendrait pas au Palais Brongniart.
"On peut avoir en tête l'échéance présidentielle mais il ne faut pas perdre de vue qu'il y a avant une échéance municipale. Et je crois que c'est important que notre parti, y compris son secrétaire général, s'implique", a-t-elle lancé, ajoutant qu'un parti devait être "un collectif" et non "un outil d'une communication personnelle".
"Je suis secrétaire général de ce parti. Les militants m'ont élu pour ça, et mon objectif c'est d'en faire un véritable parti, de tout refonder. (...) Pour le reste il y a toujours des commentaires", a rétorqué Gabriel Attal mardi sur RMC et BFMTV.
Un après-municipales
"La politique, c'est une incarnation et des idées. Et Gabriel, depuis un an, il apporte l'incarnation qu'on avait avec le président et qu'on n'avait plus depuis. Et le parti n'a jamais autant travaillé", défend une dirigeante.
M. Attal et ses équipes mettent régulièrement en avant les nombreuses conventions thématiques organisées depuis un an. D'abord sur les questions régaliennes, un "angle mort de ce qu'a été le macronisme", mais aussi sur l'écologie, l'économie ou encore les retraites.
D'autres conventions, sur la santé et l'éducation, livreront leurs conclusions dans les prochaines semaines, qui devraient également voir M. Attal dévoiler des propositions sur les institutions.
Le patron de Renaissance a également porté l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, votée lundi à l'Assemblée, sur fond de concurrence avec l’Élysée.
"Attal doit montrer ce qu'il veut incarner lui, et ses thèmes. Et ensuite, au niveau du parti, recréer une dynamique sur les propositions, comme il l'a fait sur les retraites", souligne une députée.
Faudra-t-il déjà réussir les élections municipales ? Un autre sujet de critiques. "On n’existe nulle part", fulmine une figure du parti, regrettant l'absence de candidat estampillé Renaissance dans la plupart des plus grandes villes.
"La stratégie de 2020 consistant à planter le drapeau partout nous a conduit à ne pas avoir d'élu à Paris, Lyon, Marseille, qui étaient quand même des bastions", rétorque un proche de M. Attal, qui vante la stratégie "d'implantation locale" retenue pour 2026.
Gabriel Attal peaufine sa candidature présidentielle. Sans pour l'heure se déclarer: le projet avant tout. Mais "il y aura un après-municipales", pronostique un député. "Si c'est le parti d'Attal et de personne d'autre, il y aura un moment de clarification... Sauf s'il s'impose dans les sondages".
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