Décryptage

Gravelines : SNF entame une extension de son site de production

Alors que son nouveau site de production de monomères à Gravelines vient à peine de démarrer, le géant français de la chimie, SNF, s’attaque déjà à la 2ème phase du projet : une extension pour le marché de l’industrie de l’eau. Cet investissement de 60 millions d’euros va engendrer la création de 40 emplois supplémentaires. 

Le site de Gravelines de SNF a commencé sa production en 2026. ©SNF

Le site de Gravelines de SNF a commencé sa production en 2026. ©SNF

SNF, leader mondial de la chimie de l’eau implanté à Andrézieux (Loire), a choisi un terrain du port de Dunkerque sur la commune de Gravelines en 2017 comme lieu d’installation de sa nouvelle usine en Europe. A l’époque, le groupe avait besoin d’un nouveau site de production pour se diversifier dans la fabrication de monomères pour le secteur de la papeterie. «Gravelines était en concurrence avec l’un de nos sites en Angleterre que nous aurions pu agrandir. Le choix s’est finalement porté sur cette ville en raison d’un accès facilité au rail et à la route pour le transport de nos matières premières, qui viennent principalement d’Europe du Nord mais aussi de la proximité avec le port de Dunkerque pour l’expédition de nos produits dans le monde entier. Le contexte très industriel du site, qui permet de trouver sur place des personnes qualifiées qui connaissent l’industrie mais aussi un vivier d’entreprises de sous-traitance a également été déterminant», résume Philippe Fanucci, directeur du site. 

280 millions d'euros d'investissements

La construction de la future usine démarre en 2021. En 2024, les premiers essais de production commencent. Et en 2026, la production réelle est lancée. Cet investissement de 220 millions d’euros a permis la création d’une soixantaine d’emplois. «Nous y allons petit-à-petit car nous nous attaquons à un nouveau marché, celui de l’industrie de la papeterie avec un nouveau monomère développé dans nos laboratoires de recherche et développement dont l’atout est, entre autres, de réduire le temps de séchage du papier. Nous devons donc laisser nos commerciaux travailler et convaincre en amont. Notre production va s’adapter aux marchés obtenus, en Europe mais aussi aux Etats-Unis, en Chine et en Inde, qui sont nos secteurs cibles», commente Philippe Fanucci. 

Comme le plan de développement le prévoyait dès la décision d’implantation, SNF est déjà en train de préparer une première extension de son site gravelinois, installé sur 35 hectares. Cet investissement de 60 millions supplémentaires doit conduire à la création d’une quarantaine d’emplois. Cette fois, le groupe privé français créé en 1978 reste sur son secteur de prédilection : la fabrication de monomères destinés au traitement de l’eau dans les stations d’épuration de collectivités territoriales ou industrielles. «Les monomères fabriqués dans notre future usine seront ensuite envoyés sur notre site de Saint-Avold en Moselle pour être complétés puis sur notre site d’Andrézieux pour être transformés en polymères (polyacrylamide), un floculant qui permet de récupérer les impuretés de l’eau. Le groupe possède déjà deux usines de ce type aux Etats-Unis et en Chine. Notre production sera donc, elle, plutôt destinée au marché européen», précise le directeur du site. 

Le groupe SNF espère pouvoir démarrer la production de sa nouvelle unité mi 2027. Il aura alors investi plus de 280 millions d’euros à Gravelines et participé à la création d’une centaine d’emplois. Et ce n’est sans doute pas fini puisque le groupe a une vision de développement à 30 ans. D’ailleurs, son service de R&D travaille déjà à l’élaboration de nouvelles molécules, monomères et polymères, dont certaines pourraient être fabriquées à Gravelines dans une 3ème unité.