La France réunit ce lundi 30 mars un G7 avec les ministres des Finances, ceux de l'Énergie et les responsables des banques centrales, un format inédit, pour échanger sur les répercussions économiques liées à la guerre au Moyen-Orient. Face à la flambée des prix de l'énergie, "il y a déjà des écarts de réponse, et elles sont en grande partie liées aux écarts de situation et d'exposition à la crise", a déclaré le ministre français de l'Economie et des Finances, Roland Lescure, soulignant que l'Asie était particulièrement exposée.
La France préside depuis janvier le groupe de pays qui rassemble Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni.
Réserves stratégiques
La quasi-paralysie du détroit d'Ormuz, voie maritime clé pour le commerce des produits pétroliers, par où transite en temps normal un cinquième de la production mondiale de pétrole, a entraîné une forte hausse du prix des hydrocarbures et perturbé les chaînes d'approvisionnement. Le 9 mars, les ministres des Finances avaient indiqué être prêts, face à l'envolée des cours des hydrocarbures, à "toutes les mesures nécessaires, y compris en puisant dans les réserves stratégiques de pétrole", selon les mots de Roland Lescure.
Depuis, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a annoncé le déblocage de 400 millions de barils de pétrole tirés des réserves de ses 32 pays membres, dont la France, pour amortir la flambée des prix. Face aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient, dont la durée est incertaine, de nombreux Etats ont dégainé des mesures pour limiter les effets des difficultés d'approvisionnement et de l'envolée des cours de l'énergie.
En France, le gouvernement a annoncé vendredi une aide d'environ 70 millions d'euros, ciblée et limitée au mois d'avril, au profit des secteurs de la pêche, de l'agriculture ou des transports.
Alors que le conflit ne montre pas de signe d'affaiblissement, le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a déclaré vendredi qu'il s'attendait à ce que les objectifs de guerre de Washington en Iran soient atteints dans "les deux prochaines semaines", que les États-Unis envoient ou non des troupes au sol.