C'est une nouvelle qui fait du bien dans un climat actuel tendu : la France, et plus spécifiquement Lille, ont recueilli le maximum de votes du Parlement européen et du Conseil de l'Union Européenne, mercredi 25 mars, pour accueillir la future Autorité douanière de l'Union européenne (EUCA). Au terme d'un processus «très compétitif», selon les mots d'Emmanuel Macron – dans son allocution vidéo diffusée dans le hall de la CCI Grand Lille –, Lille a été choisie parmi huit autres candidatures européennes : Liège (Belgique), Malaga (Espagne), Zagreb (Croatie), Rome (Italie), La Haye (Pays-Bas), Varsovie (Pologne), Porto (Portugal) et Bucarest (Roumanie). C'est face à la capitale italienne que s'est jouée la finale. «Notre équipe a été sacrément soudée. La fierté française prend sa force dans les Hauts-de-France» s'est félicité le président de Région Xavier Bertrand.
Créée à la suite de la réforme de l'Union douanière adoptée en mai 2023, l'Autorité douanière de l'Union européenne (EUCA) a pour mission de coordonner l'action des 27 administrations douanières nationales. Depuis Lille, elle aura la gestion du Data Hub européen des données commerciales et contribuera à l'harmonisation des contrôles aux frontières extérieures de l'Union.
«Dossier le plus complet»
«Cela ne s'est pas joué à une voix mais à une grande victoire. Il a fallu sept tours de votes», a rappelé David Amiel, ministre délégué aux Comptes publics de France, en ajoutant : «Lille avait le dossier le plus complet, face à des candidatures redoutables». L'ensemble des acteurs présents ce jeudi 26 mars – près de 400 personnes réunies en moins de 24 heures – étaient unanimes : la force du collectif a été un argument de taille pour remporter cette victoire. Parmi les points forts de la candidature lilloise : la situation géographique au cœur de l'Europe, la qualité de vie, les infrastructures, la tradition douanière historiquement ancrée avec l'Ecole nationale des Douanes située à Tourcoing ainsi que la présence de l'École Européenne Lille Métropole-Jacques Delors à Marcq-en-Baroeul – élément qui avait cruellement manqué en 2017 lorsque Lille avait échoué pour l'accueil de l'Agence européenne des médicaments, finalement attribué à Amsterdam.
C'est aussi la disponibilité immédiate du bâtiment Agora de 8 000 m2, dans le quartier d'affaires d'Euralille qui a probablement fait la différence, pour accueillir à terme 500 agents des Douanes. Il s'agira de la deuxième plus grande agence européenne, après l'Autorité de lutte contre le blanchiment, basée à Francfort. Ce choix traduit la volonté d'une Europe tournée vers l'avenir, attachée à l'équilibre territorial, afin de «mieux protéger notre Europe, notre marché intérieur européen, mais aussi les consommateurs et les entreprises», comme l'a rappelé le ministre Benjamin Haddad, ministre Délégué à l'Europe, venu à Lille. «Nous avons besoin d'avoir plus de contrôle (...) pour assurer une juste transparence et faire respecter l'intégrité européenne», a également complété Emmanuel Macron.
Accueil de l’Autorité douanière de l'UE : tous unis derrière la candidature de Lille