«J’ai la patate tous les matins quand je me lève. J’aime mon métier». Harry Dupuis, chef et co-associé de l’hôtel-restaurant du Canard à Hangest-sur-Somme, avait des étoiles plein les yeux quand il a été mis à l’honneur par la Chambre des métiers et de l’artisanat des Hauts-de-France. Il a reçu le prix Stars & Métiers entrepreneur et la certification Artisan en’Or, au terme de six mois d’accompagnement. À noter qu’il était déjà «maitre restaurateur» depuis dix ans et que l’établissement figure dans le Guide du Routard.
«Un honneur de récompenser des personnes comme vous»
Organisé depuis plus de 15 ans par la Banque Populaire du Nord et la Chambre des métiers et de l’artisanat Hauts-de-France, le prix Stars & Métiers est destiné à promouvoir l’excellence et l’innovation dans l’artisanat et à récompenser la capacité de l’entreprise artisanale à s’adapter à un environnement en mutation permanente, à se projeter et à se développer de manière exemplaire : «C’est un honneur de récompenser des personnes comme vous. Vous avez la banane», s’est exclamé Martial Quentin, directeur de l’agence d’Abbeville de la Banque populaire, avec à ses côtés Laurie Forestier, conseillère pro à la même agence.
Quant à la démarche Artisan en’Or, portée par la Chambre de métiers et de l’artisanat des Hauts‑de‑France, elle valorise les artisans qui ont à cœur la qualité des produits et le fait‑maison. Ces artisans du quotidien représentent dix filières des métiers de bouche. Harry Dupuis bénéficiera d’un contrôle sanitaire trois fois par an et d’un audit de suivi de l’AFNOR tous les deux ans dans le cadre d’une amélioration continue.
Hélène Ripoll, présidente Somme de la CMA HdF a salué les professionnels, qui comme lui «font travailler le terroir, le local même si ce n’est pas facile et recherchent de nouveaux fournisseurs». À sa suite, Patricia Poupart, conseillère régionale a pointé «un métier pas forcement facile. Il faut repartir tous les jours du pied droit, être optimiste».
Une période particulière
«Nous recevons toujours un bon accueil. On y mange bien et dans de bonnes conditions», s’est réjouit Gérald Bec, le maire de la commune, avec à ses côtés, Annick Lemaire, mairie de Soues, et vice-présidente du développement économique et du tourisme à la communauté de communes Nièvre et Somme, Catherine Bénédini-Polleux, conseillère départementale du canton d’Ailly-sur-Somme : «C’est une période difficile, on ne sait pas comment faire. On peut faire 0 couvert comme 30. Heureusement que les produits frais se conservent», a souligné Harry Dupuis. Annick Lemaire lui a indiqué qu’elle pourra lui donner des contacts d’influenceurs pour l’aider dans une meilleure visibilité.
Il faut avouer qu’entre Amiens et Abbeville, à proximité de la vélo-route sur les bords de la Somme et juste à côté de la gare, l’hôtel-restaurant du Canard est une halte de premier choix. C’est une des raisons pour lesquelles, Harry Dupuis, ancien cuisinier à Amiens, qui vit à Belloy-sur-Somme, s’est engagé il y a 14 ans avec trois associés dans la reprise de l’établissement. Ils sont désormais deux associés. La structure emploie un cuisinier, deux serveuses et une femme de chambre, sans compter les extras quand il y a des prestations extérieures. Il peut aussi recourir à des traiteurs pour l’épauler.
Harry Dupuis a été séduit par les lieux fonctionnels qui offrent une grande salle de 30 couverts, une rotonde de 20/30 couverts, une grande salle avec une scène d’une centaine de couverts où peuvent être organisés des fêtes de familles, des séminaires… ainsi qu’une terrasse d’une quarantaine de places aux beaux jours.
Aussi labellisé Logis de France
Il y a une dizaine d’années, les cinq chambres ont été rénovées dans des tons cosy et naturels : «Nous travaillons bien la semaine pour la partie hôtel car nous sommes Logis de France, a-t-il confié. Nous recevons des représentants, des touristes français et étrangers. C’est très facile de se garer. Il y a le parking de l’établissement et celui de la gare».
Côté restauration, Harry Dupuis fait rayonner la cuisine régionale et celle de tradition française. Citons notamment des crêpes poêlées au fromage et magret fumé sur mesclun, osso bucco de veau à la tomate et citron confit, feuilleté de saumon au chou, crème fraiche aux herbes ou sa spécialité : pastilla de cuisse de canard confite aux pignons de pins et zeste d‘orange sauce citronnelle et gingembre, garniture au choix.
Au niveau des desserts, les crêpes suzette sont très appréciées : «Nous proposons un moelleux au chocolat cœur pistache, a ajouté celui qui passé un CAP-BEP puis un bac pro au lycée hôtelier Saint-Martin à Amiens avant de partir à Anderlecht en Belgique se perfectionner dans la pâtisserie, la chocolaterie et la confiserie. Je ne peux pas le retirer. Autrement, je me fais houspiller par les clients».
Côté fournisseurs, il fait par exemple confiance à la pisciculture d’Airaines pour ses truites et saumons, au légumes de la Ferme des p’tits légumes de Croixrault, au produits laitiers (fromage, crème fraiche, beure, yahourts) de Douceur de Lait à Eplessier. Enfin, Harry Dupuis regorge de projets. Il voudrait par exemple aménager un vrai bar et rénover sa salle de réception. Des collectivités présentes lui ont déjà assuré qu’il pourrait compter sur leur soutien.