Sauvegarder l'article
Identifiez vous, pour sauvegarder ce article et le consulter plus tard !

Haropa Port dresse le bilan 2025 et trace ses priorités à cinq ans

Ce 21 janvier à Paris, Haropa port a présenté un bilan 2025 positif ainsi que les grandes orientations de sa stratégie pour les cinq prochaines années.

Benoît Rochet, directeur général de Haropa Port (à gauche), et Kris Danaradjou, directeur général adjoint au développement, lors de la présentation du bilan 2025 à Paris.
Benoît Rochet, directeur général de Haropa Port (à gauche), et Kris Danaradjou, directeur général adjoint au développement, lors de la présentation du bilan 2025 à Paris.

Ce 21 janvier à Paris, l'heure était au bilan pour Benoît Rochet, directeur général de Haropa Port depuis février 2025 et Kris Danaradjou, directeur général adjoint au développement. L'année 2025 a été marquée par une accélération nette des investissements, en hausse de 30 % par rapport à 2024, pour atteindre 190 millions d’euros en 2025. «Nous avons trois grands acteurs mondiaux – MSC, CMA CGM et Hapag-Lloyd – qui sont présents, investissent et affichent des ambitions extrêmement fortes pour développer le trafic de conteneurs sur laxe Seine», souligne Benoît Rochet.

Ainsi, en 2025, le trafic maritime global progresse de 2 %, tandis que le trafic conteneurisé atteint un niveau record de 3,2 millions d’EVP, en hausse de 4 % sur un an. Le vrac solide, pour sa part, augmente de 10% pour atteindre 2,9Mt. En revanche, les vracs liquides, avec 39,7Mt, perdent 0,7% par rapport à 2024. En ce qui concerne les croisières maritimes, l'activité enregistre une baisse de 7%. Haropa affiche ainsi un chiffre d'affaires de 435 millions d'euros. Des résultats qui permettent d'envisager les projets en cours sereinement.

La chatière du Havre, projet structurant

Lancé en mars 2025, le projet de chatière maritime au Havre, destiné à offrir un accès direct des barges fluviales à Port 2000, poursuit son avancée. L’ouvrage prévoit la création d’un accès fluvial de 1 800 mètres, protégé par une digue. L’objectif affiché est ambitieux : augmenter d’au moins 50 % les volumes transportés par voie fluviale depuis et vers Port 2000, tout en réduisant la congestion routière et les émissions associées.

Dans le même temps, Haropa Port a renforcé ses capacités opérationnelles avec l’intégration, en 2025, d’un navire multifonctions au sein du Pôle exploitation dragage de Rouen. Long de 27 mètres et large de 13 mètres, ce navire permet des opérations de nivelage, de levage et de soutien aux travaux nautiques et portuaires. Représentant un investissement de plus de 11 millions d’euros, il pourrait prochainement recourir à des biocarburants pour réduire son empreinte environnementale.

Multimodal : le rail et le fluvial montent en puissance

Autre fait marquant de l’exercice : la part modale du fluvial et du ferroviaire atteint désormais 20 %, portée notamment par une hausse de 18 % des volumes ferroviaires. «En 2020, nous transportions 75 000 conteneurs par le train. Cinq ans plus tard, nous sommes quasiment au double», souligne Kris Danaradjou. Une évolution qui traduit, selon lui, «une demande réelle, soutenue par la capacité et la volonté daugmenter les flux ferroviaires».

Pour la période 2026-2030, Haropa Port vise un objectif clair : porter la part modale à 30 %. «Cela passera par la réalisation de la chatière, une montée en puissance du fluvial et la poursuite de la très forte croissance du ferroviaire», explique Benoît Rochet. Un accord a d’ores et déjà été signé avec SNCF Réseau afin d’optimiser l’offre ferroviaire sur l’axe Seine.

Foncier : une stratégie sous contrainte du ZAN

À partir de 2026, Haropa Port entend également accélérer sa stratégie de mise à disposition foncière, en ciblant des projets «vertueux et densifiés». Dans le cadre de la loi Zéro artificialisation nette (ZAN), l’établissement a identifié un potentiel d’aménagement de 456 hectares en Normandie. Ces projets s’inscrivent dans une logique de reconstruction sur des terrains déjà artificialisés, afin d’accueillir des implantations à vocation nationale et européenne. La version définitive de la feuille de route stratégique est attendue d’ici fin 2026.

Pour Aletheia Press, Chiara De Martino