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Injection sans aiguille : Crossject signe un contrat majeur avec l’Amérique

Le département de la santé américain, le BARDA, passe un contrat de plus de 100 millions de dollars avec Crossject, la société dijonnaise inventrice du système d’injection sans aiguille Zénéo. L’entreprise fournira 300 000 doses de ZEPIZURE®, un dispositif d’urgence contre les crises épileptiques, utilisé également en cas d’attaques chimiques.

Le département de la santé américain, le BARDA, a signé un contrat de plus de 100 millions de dollars avec l’entreprise dijonnaise Crossject, inventrice du système d’injection sans aiguille Zénéo. Les États-Unis ont prévu une commande de 300 000 unités de sa solution ZEPIZURE®, destinée au traitement d’urgence des crises épileptiques. «Ils prévoient de l’utiliser en cas d’attaques chimiques par des neurotoxiques, pour éviter les convulsions qui en découlent et qui peuvent être traitées par le même produit que pour l’épilepsie», précise Patrick Alexandre, fondateur de Crossject.

Pour faciliter les démarches administratives et «ouvrir le chemin réglementaire» à l’entreprise française, le BARDA a décidé de déposer lui-même les demandes d’autorisation indispensables. «Nous attendons qu’il étudie les documents pour ensuite livrer le produit. Ce sera la première commercialisation de Zénéo, mais aucun délai n’est fixé pour l’instant. ZEPIZURE® répond à un besoin de sécurité nationale qu’aucune entreprise américaine ne peut satisfaire», ajoute Patrick Alexandre.



Production et partenariats internationaux

Crossject pourra produire la solution en série dans son usine d’Arc-lès-Gray. La commande ferme de 300 000 unités, pour un montant de 60 millions de dollars, s’ajoute aux 40 millions de dollars liés au parcours réglementaire. «Il existe une option pour une seconde commande similaire, également à 60 millions de dollars», poursuit le fondateur.

Dans le cadre de ce contrat, Crossject travaille directement avec les autorités américaines par le biais de sa filiale installée au Texas, «région montante dans le développement de l’innovation, mais aussi moins coûteuse que la Californie ou la côte Est quant au loyer ou aux salaires». L’entreprise dijonnaise mène toutefois des collaborations avec d’autres partenaires autour du globe, directement ou via des licenciés et des distributeurs. En France, pour remplir son dispositif Zénéo, Crossject s’appuie sur un partenaire, mais entend gagner en indépendance. «Demain, nous pourrons travailler avec n’importe quel façonnier dans le monde». 

Un investissement stratégique

Pour y parvenir, l’entreprise a engagé un investissement de 1,5 million d’euros pour doter son site dijonnais d’un nouvel atelier avec une salle blanche. L’installation vise à permettre à Crossject de préassembler les composants stériles qui seront au contact du produit. «Ce projet a une dimension stratégique, car il nous évitera les goulées d’étranglement sur la partie remplissage. Nous gagnerons aussi en indépendance et en réactivité», explique Patrick Alexandre. Outre le marché américain sur lequel ils travaillent autour de la solution contre l’épilepsie, le dirigeant et son équipe se focalisent sur les situations d’urgence comme les chocs allergiques ou les insuffisances surrénales. 

Pour Aletheia Press, Nadège Hubert