Ce 3 mars à Paris, l’Afpa (Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes) organise la finale nationale des Trophées de la mixité des métiers. Parmi les finalistes régionaux, trois représenteront la Bourgogne-Franche-Comté : Laëtitia Turpin, 35 ans, mécanicienne automobile, (centre Afpa de Migennes, 89), Maéva Daubin, 27 ans, horlogère (centre Afpa de Besançon, 25) et enfin Nicolas Favaro, gestionnaire de paie (centre Afpa de Montceau-les-Mines, 71). "Les finalistes régionaux ont été sélectionnés pour la force de leur engagement, la cohérence de leur projet professionnel, leur détermination et leur capacité à dépasser les freins liés aux stéréotypes" explique l'Afpa.
De la détermination, Nicolas Favaro n'en manque pas. L'homme de 43 ans a déjà à son actif plusieurs vies professionnelles. Après un apprentissage en boulangerie, il renonce à cette voie. «Mon maître d’apprentissage n’a pas su me transmettre le goût et l’envie du métier je crois» estime le Saône-et-Loirien. Il enchaîne alors les petits boulots en intérim jusqu’en 2006.
Du monde du vin…
Il découvre notamment un domaine tourné vers le Crémant à Rully. Il y revient régulièrement jusqu’en 2010 pour des périodes plus ou moins longues avant qu’on lui propose un poste salarié. «J’ai commencé comme simple caviste mais j’ai gravi les échelons jusqu’à devenir responsable de cave» détaille-t-il. Épanoui dans son emploi, Nicolas Favaro gère son équipe avec un certain plaisir. En décembre 2022, un grave accident du travail provoqué par une chute de plusieurs mètres le met en arrêt des mois durant. «J’ai repris à mi-temps, neuf mois plus tard. Mais j’étais encore gêné dans mon travail. J’ai donc envisagé de me reconvertir» se souvient-il.
À la gestion des paies
L’homme s’engage donc dans un bilan de compétences au CIBC de Chalon-sur-Saône pour identifier la voie qui lui conviendrait. La démarche fait ressortir une appétence pour les chiffres, la communication avec autrui et une dimension tournée vers les ressources humaines.
«J’ai regardé les formations disponibles et j’ai choisi celle de gestionnaire de paie proposée par l’Afpa de Montceau-les-Mines car elle me donnait la possibilité de poursuivre ensuite» développe-t-il. Entre avril et octobre 2025, il apprend son nouveau métier. «J’ai pris plaisir dans ce parcours et je prévois de suivre une formation de responsable en ressources humaines à la CCI de Chalon-sur-Saône à partir du mois de septembre, en alternance» projette le gestionnaire de paie.
Un métier unisexe
Si Nicolas Favaro a été mis en lumière à l’occasion des trophées de la mixité des métiers de l’Afpa, c'est parce que la profession ne compte que 30 % d’hommes. «Je m’en suis rendu compte pendant mon stage de six semaines. Dans le service comptable de Framatome où j’ai été accueilli, sur une trentaine de personnes, il n’y avait même pas dix hommes» confie-t-il. Malgré cela, Nicolas Favaro a trouvé sa place. «Parfois, les hommes aident à apaiser les choses dans une équipe féminine» sourit-il.
Pour le quarantenaire, sa reconversion est une pleine réussite et lui permettra d’exercer un métier moins physique jusqu’à la retraite. «Je pense encore au monde du vin, j'ai d'ailleurs gardé contact avec mon ancienne entreprise. Plus qu’un métier, c’était une passion. Mais j’en ai fait le deuil et je suis heureux dans cette nouvelle voie» conclut Nicolas Favaro. En attendant d’intégrer sa nouvelle formation à la rentrée prochaine, le gestionnaire de paie répond à des missions en intérim ou aux CDD qu’on lui propose.
Pour Aletheia Press, Nadège Hubert