Juste en deçà du cap « historique », d'après Marc Lolivier, délégué général de la Fevad, Fédération du e-commerce et de la vente à distance. Le 11 février, à Paris, la Fevad présentait à la presse le bilan du secteur pour l'année 2025. Au total, le chiffre d'affaires s'élève à 196,4 milliards d'euros, tout proche du cap des 200 milliards. C'est le résultat d'une croissance de 7% sur l'année, un peu ralentie par rapport à 2024 (+9,6%).
Autre niveau record atteint en 2025, celui du nombre de transactions : 3,2 milliards, soit 10% de plus que l'an dernier. Dans ce contexte globalement dynamique, les différents marchés ont évolué de manière nuancée . « Le B to B est resté flat. (…) La situation économique et politique ne favorise pas le risque et l'investissement. Les entreprises sont prudentes », commente Marc Lolivier. En revanche, le B to C a progressé de 5,6% en 2025. Par secteur, hors alimentation, « tous les secteurs sont en croissance et certains surperforment ». C'est en particulier le cas du sport (+5,1%) et de l’électroménager (+5,2%), qui connaissent un regain d'activité.
L'habillement-mode est le seul secteur à connaître un léger-recul ( -0,5%) de son chiffre d'affaires, en dépit d'une hausse de nombre de commandes. « Il est très exposé à une très forte pression sur les prix », pointe Marc Lolivier. En cause : la seconde main et surtout, les plateformes chinoises, Shein et Temu.
Baisse du panier moyen à 62 euros
Résultat, le panier moyen dans ce secteur baisse. Mais cette tendance est générale. Par exemple, les ventes de produits (tous secteurs) ont connu une hausse de 8% de leurs commandes, mais seulement de 4% de leur chiffre d'affaires. La tendance est comparable pour les services. Au global, le panier moyen a baissé de 3 % par rapport à 2024, pour atteindre 62 euros. « Les Français commandent davantage, mais dans le contexte actuel, ils font plus attention à leurs dépenses », décrypte Marc Lolivier.
Au delà des tendances spécifiques à 2025, de nombreux signes indiquent que le e-commerce s'est complètement banalisé. La France compte désormais 42,2 millions de cyberacheteurs, et cette population continue de croître. Le montant annuel des dépenses par cyberacheteur a atteint, en moyenne, 4 657 euros. Et en 2025, le e-commerce (comprenant les enseignes physiques qui le pratiquent) représente 12,2% du commerce de détail, avec des pics de 30% pour des catégories non alimentaires, comme l'habillement. « Il y a un double mouvement : un e-commerce qui reste solide sur ses bases et des usages qui avancent très rapidement portés par le mobile, la seconde main et l'IA », conclut Marc Lolivier.