Les forces politiques en place les attendent avec plus ou moins d’impatience. Le verdict des urnes pourrait entraîner un véritable chamboulement du paysage politique national en phase avec les aspirations sociétales, inquiétantes pour certaines. Du plus petit village de France en passant par les villes moyennes et les grandes métropoles, les résultats seront scrutés, analysés, commentés.
Le désamour certain, palpable envers les politiques de tous bords depuis les tristes spectacles donnés dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale ou en dehors, va-t-il se faire ressentir sur les scrutins locaux ? La question est posée même si les maires sont toujours considérés comme les élus auxquels les concitoyens accordent le plus de confiance.
Des élus «à portée de baffe» comme aiment l’exprimer les maires des communes rurales. La commune, au sens large du terme, s’apparente encore comme un territoire où la «vraie» vie s’opère loin de certaines (nombreuses) prospectives fumeuses des sphères décisionnaires d’un pouvoir étatique encore jugé trop central.
«L’élu local, VRP des entreprises ?»
Cette oligarchie dénoncée aujourd’hui avec une force certaine de la part d’une grande partie de la population est bien palpable dans les rangs des troupes entrepreneuriales et, dans une certaine mesure, commence à être pointée du doigt au niveau local. Ce grand fossé entre les décisions des politiques nationaux et la réalité du terrain économique notamment ne semble avoir eu de cesse de se creuser.
Diplomatie économique
Une faille grandissante à combler de toute urgence pour la quasi-totalité des organisations représentatives de la sphère entrepreneuriale. «Il faut remettre l’économie et ses acteurs à leur juste place», assurait Gilles Caumont, le président du Medef de Meurthe-et-Moselle à l’occasion de la présentation du livre blanc «Réarmer la ville productive» fin janvier.
Ce recueil de propositions, à l’intention des élus politiques à la veille de l’échéance électorale municipale regorge de propositions concrètes pour voir notamment l’émergence d’une «diplomatie économique». Dans cette logique, l’élu local a vocation à devenir «le VRP des entreprises de son territoire». La collectivité, comme ambassadeur économique !
La donne est palpable dans nos territoires, le travail en commun et les synergies entre pouvoir politique local et tissu entrepreneurial sont présents mais semblent devoir réellement s’accentuer. Un «réflexe PME» que doit s’approprier l’élu local comme l’a assuré Amir Reza-Tofighi, le président national de la CPME, lors de son passage dans l’agglomération nancéienne en début d’année lors duquel il a notamment présenté les différentes propositions de sa confédération à l’attention des candidats.
Un plan d’action accompagné d’une charte d’engagement proposée à la signature des candidats partout dans l’Hexagone. La sphère entrepreneuriale entend s’afficher comme une vigie pour les élections à venir. Une représentativité de la micro-économie face à sa grande sœur macro.
Deux branches interdépendantes et complémentaires mais qui aujourd’hui paraissent s’opposer. Quand certaines études macro-économiques régionales semblent annoncer un possible retour de confiance de la part des entrepreneurs, le ressenti des chefs d’entreprise est loin d’être le même. Deux mondes, deux sentiments, deux univers qui ne devraient qu’en faire qu’un, histoire de pouvoir affronter les turpitudes qui s’annoncent...