L’an passé, l’Unimev mettait en place son premier observatoire de la filière événementielle dans l’Hexagone. Quel est l’intérêt de cet outil ?
Béatrice Cuif-Mathieu : Cet observatoire, en dehors du fait qu’il soit un outil de suivi et d’analyse pour la profession, est surtout le révélateur de la contribution de la filière événementielle et de son rôle stratégique pour l’attractivité et la compétitivité économique de notre pays. Aujourd’hui la filière est réellement identifiée et son rôle est véritablement reconnu.
Une reconnaissance notamment via le Contrat de filière que l’Unimev a signé avec l’État et les territoires en juillet dernier. Quel est l’objectif de ce contrat ?
Il vise à conforter l’événementiel comme un outil stratégique pour les territoires. L’événementiel constitue un levier essentiel pour leur développement. Il contribue à dynamiser l’économie locale, à renforcer l’attractivité des villes et à créer du lien social entre les habitants. Les événements professionnels, culturels ou sportif irriguent l’ensemble de la chaîne entrepreneuriale locale, favorisant l’emploi, l’innovation et la promotion des savoir-faire régionaux. Il valorise l’identité et les spécificités des territoires. Le poids économique de l’événementiel est indéniable. Le chiffre d’affaires cumulé de tous les acteurs de la filière est estimé à environ 10 milliards d’euros par an pour 40 000 emplois directs.
Dans le contexte général actuel d’incertitudes, les entreprises abattent-elles toujours la carte de l’événementiel ?
En début d’année, nous avons réalisé une étude avec OpinionWay. Il en ressort que neuf entreprises sur dix déclarent avoir investi au moins dans un type d’opération événementielle au cours des deux dernières années. L’événementiel demeure un levier stratégique majeur pour les entreprises en 2026. Il est réellement perçu comme un investissement stratégique et créateur de valeur.
L’approche de l’événementiel a changé, quelles sont aujourd’hui les pistes d’évolution ?
Aujourd’hui, les professionnels proposent des expériences que cela soit au niveau des salons, des foires ou encore des congrès. Il faut proposer des expériences uniques. Les événements sont plus émotionnels et relationnels avec une approche sensorielle et inclusive. L’importance du contact humain, du présentiel, est primordiale. L’objectif est de parvenir à créer du lien social.
L’impact du modèle intégré
Expérience, attractivité territoriale histoire de capter et convaincre les organisateurs d’événements à choisir telle ou telle destination, la concurrence est rude, quels sont les leviers à actionner ?
Il y a aujourd’hui une montée en croissance certaine du Business Leisure (combinaison entre voyages d’affaires et activité de loisirs). C’est une donne à prendre en considération. À Destination Nancy (Béatrice Cuif-Mathieu est la directrice générale de cette structure en charge du développement touristique et événementiel de la Métropole du Grand Nancy et de la ville de Nancy : NDLR), nous fonctionnons aujourd’hui autour d’un modèle intégré au service du tourisme et des événements.
C’est-à-dire ?
Nous faisons jouer à plein les synergies entre les différentes composantes de l’entreprise. Aussi bien l’Office de tourisme, le centre de congrès Prouvé de Nancy, le parc des expositions à Vandœuvre et notre Convention bureau (interlocuteur unique en matière d’ingénierie et d’organisation événementielle), ne font qu’un. Les passerelles entre les différentes composantes se font naturellement. L’approche se veut simple et efficace. Cette approche est palpable sur notre nouveau site internet, en ligne depuis quelques semaines. Les entrées vers la destination se font de différentes façons selon les aspirations, les recherches et attentes du visiteur et les interactions sont naturelles. Tout est lié pour renforcer l’attractivité de notre territoire.
Ce modèle intégré s’apparente presque à un laboratoire pour votre filière ?
Ce modèle s’est construit au fil du temps, plus de dix ans et il est unique dans le Grand Est. Le tout avec une approche RSE (Responsabilité sociétale des entreprises) sur laquelle nous sommes passés d’une logique de label, à une logique intégrée. La RSE est aujourd’hui un standard intégré à notre modèle. Elle guide tous nos choix opérationnels.
Capter les jeunes...
Former et capter les jeunes vers les métiers de la filière ! C’est l’une des volontés de l’Unimev. En début d’année, elle vient de renouveler son partenariat avec l’école Isefac, spécialisée dans les métiers de l’événementiel. Depuis 2023, l’Isefac est le Centre de formation d’apprentis (CFA) hors les murs de l’Unimev.