Stop aux dérives spéculatives, le message est clair ! Dans un communiqué commun avec ses consœurs du Grand Est, la Fédération du BTP de Meurthe-et-Moselle alerte sur certaines pratiques opportunistes liées à la situation géopolitique avec en première ligne les tensions au Moyen-Orient.
«Le contexte international est une réalité. Les tensions au Moyen-Orient ont des répercussions sur les marchés de l’énergie et certains flux logistiques. Nos fédérations ne le nient pas. Mais ce constat ne peut pas servir de blanc-seing à des hausses généralisées, indifférenciées et parfois brutales», notent les fédérations du BTP de la région dans un communiqué commun.
«Oui le contexte géopolitique est instable. Oui certains coûts évoluent. Mais non, tout ne peut pas servir de prétexte à des augmentations généralisées et déconnectées des réalités économiques. Nous appelons clairement à mettre un coup d’arrêt aux logiques spéculatives».
Majorations tarifaires sur l’acier, les isolants, les matériaux de synthèse ou passant par les transports, les professionnels du BTP constatent des «hausses qui se succèdent sans transparence sur leur mode de calcul, sans préavis raisonnable, et touchent indistinctement l’ensemble des produits, y compris ceux qui n’ont aucun lien direct avec les tensions géopolitiques actuelles».
Conséquences directes : «les artisans et PME sont pris en étau entre fournisseurs et clients, incapables de répercuter les coûts sur des marchés déjà signés», «les devis deviennent caducs en quelques semaines fragilisant la relation de confiance avec les maîtres d’ouvrage», «les chantiers sont ralentis, suspendus ou abandonnés, faut de visibilité économique», «des particuliers et des collectivités qui renoncent, ou reportent leurs projets de constructions ou de rénovation».
Spéculation opportuniste
«Nous appelons à un sursaut de responsabilité collective de l’ensemble des acteurs de la filière, afin de préserver l’équilibre économique du secteur et la confiance indispensable à son bon fonctionnement. En Meurthe-et-Moselle, le bâtiment constitue un pilier essentiel de l’économie territoriale, ces enjeux revêtent une importance toute particulière», expliquent Arnaud Tisserand, le président de la Fédération du BTP de Meurthe-et-Moselle et Vanessa Marne, secrétaire générale.
Les Fédérations du Grand Est demandent aux industriels, fournisseurs et distributeurs : «des hausses justifiées, documentées et proportionnées. Chaque notification tarifaire doit être accompagnée d'une explication claire de son fondement économique réel. L'économie du bâtiment ne peut pas devenir un terrain de spéculation opportuniste».
Aux maîtres d'ouvrage publics et privés : «nous demandons l'intégration systématique de clauses de révision de prix dans les marchés, permettant d'ajuster les contrats en cas de variations significatives et vérifiables des coûts».
Aux pouvoirs publics : «nous demandons une vigilance accrue sur l'évolution des prix et leurs justifications, et un soutien à la mise en place de mécanismes de régulation adaptés».
À noter qu’au niveau national, la Fédération française du bâtiment (FFB) réclame la création immédiate d'un observatoire national des prix des matériaux de construction, permettant d'objectiver les hausses et de prolonger le dispositif existant pour les marchés BTP, avec des révisions indexées sur les coefficients INSEE.
La FFB demande également que les entreprises du BTP utilisant beaucoup de gazole non routier (GNR) puissent bénéficier, comme d’autres secteurs, de dispositifs permettant de limiter le surcoût de ce carburant.