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Attractivité

La France, numéro un des investissements étrangers en Europe, malgré le ralentissement

La France demeure la première destination des investissements étrangers en Europe, d'après le baromètre EY. Mais le nombre de projets diminue, comme en Allemagne et au Royaume-Uni.

(c) DR

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Première, oui, stable, non. Le 21 mai, le cabinet EY a publié son baromètre annuel consacré à l'attractivité de la France pour les investissements étrangers. L'étude confirme la première place du pays en tête du classement européen pour la septième année consécutive, avec 852 projets recensés. Mais il enregistre aussi une très nette dégradation de sa performance (-17 %). Cette dernière s'inscrit dans une tendance globale : marquée par les tensions commerciales et un contexte géopolitique troublé, l'année 2025 a constitué un « point de bascule » pour les investissements internationaux qui ont diminué, selon l'étude.

C'est particulièrement le cas en Europe où ils ont chuté de 7%, plus qu'en Amérique du Nord et Asie. Et au sein l'Europe, la concurrence s'est accrue entre les différents Etats, par ailleurs tous affectés par les tensions géopolitiques. Résultat, l'Espagne et la Pologne ont vu augmenter leurs investissements internationaux ( respectivement, + 7% et + 10%), tandis que la France fait partie des pays ayant subi les plus fortes baisses, derrière l'Autriche (-22%), mais devant le Royaume-Uni (-14 %) et l'Allemagne (-10 %). Néanmoins, en termes d'emplois, les projets d’investissements en France ont généré près de 27 921 emplois ( -4 % vs. 2024), soit une baisse bien moins marquée qu’en Europe (-25 % en moyenne).

Cette performance repose sur un nombre limité de très grands projets, notamment dans la logistique. Amazon, en particulier, a annoncé la création de près de 5 000 emplois. Au delà de la logistique, les investissements étrangers se sont aussi dirigés vers des activités liées à la défense, l’énergie bas-carbone, ou encore l'IA, intelligence artificielle. Ainsi, la start-up Anthropic a annoncé l'ouverture d'un bureau à Paris, et Manpower, celle d'un nouveau hub consacré à l’IA appliquée aux ressources humaines, installé à son siège français à La Défense.

L'atout de l'énergie bas carbone, le boulet de l'instabilité politique

A contrario, certains types d'investissements se sont réduits en Europe et en France. En particulier, sous l'effet des incertitudes économiques et du recentrage des stratégies d’innovation, les investissements dans les centres de R&D ont chuté de 30% en Europe en 2025 (vs. 2024). La France, où ce type d’investissement représente en moyenne environ 10% des projets, a été particulièrement affectée. Les investissements ont chuté de 47% et des emplois associés dans des proportions similaires (-48%). Les secteurs de l’électronique (-53% vs. 2024), de l’énergie (-57%), de la chimie (-83%) ou encore des équipements médicaux (-83%) sont les plus concernés.

Autre type d'investissement qui marque le pas, celui dans les projets industriels, de manière relativement similaire en Europe (-12%) et en France (-15%). La tendance touche particulièrement des secteurs historiques comme la chimie, la métallurgie et l’automobile.

Pour la suite, d'après le baromètre EY, seuls 57 % des dirigeants interrogés envisagent d’investir en France d’ici un an, un niveau inférieur à celui observé ces dernières années. De plus, l'enquête réalisée entre le 13 février et le 13 mars 2026, ne restitue pas encore l'impact de la crise au Moyen-Orient sur leurs projets. Toutefois, 38 % des dirigeants citent la France comme « le pays le plus attractif d’Europe », devant l’Allemagne et le Royaume-Uni (31 % chacun). Les points forts de l’Hexagone ? 79% des dirigeants citent l’accès à une énergie verte ou bas-carbone, suivie de la qualité des infrastructures de transport et de logistique (66%), la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée (63%) et de la présence de pôles d’excellence et de leaders industriels de rang mondial (57%). Les points faibles :conditions économiques ( 36%), stabilité politique (33%), et compétitivité fiscale (30%).