Votre confédération vient de lancer, en début d’année, une grande consultation nationale auprès de ses adhérents, quel est son objectif ?
Elle vise à définir collectivement les orientations stratégiques que notre réseau doit mettre en œuvre dans les années à venir. Notre protocole d’accord avec l’État arrive à son terme en 2027, il nous faut préparer et anticiper le prochain et avoir assez de données pour consolider notre capacité de négociation auprès des pouvoirs publics et de nos partenaires institutionnels. Il nous faut continuer, avec la confiance de l’État à porter des actions pour défendre le monopole qui nous a été confié et trouver des solutions pertinentes pour accompagner l’évolution de notre métier. Tout cela ne peut se faire qu’avec une vision partagée avec l’ensemble des 22 800 buralistes de l’Hexagone.
Comment se déroule cette consultation ?
Douze villes de l’Hexagone, dont Metz (la date n’est pas encore connue : NDLR) ont été ciblées pour accueillir cette consultation et il est également possible d’y participer via le site web de la confédération. Les contributions portent sur l’ensemble de nos activités qui structurent notre écosystème, qu’il s’agisse du tabac, des produits à base de nicotine comme la vape ou encore des produits commissionnés via nos partenariats avec la Françaises des Jeux, le PMU ou encore la Poste. Une synthèse nationale sera produite et restituée à l’occasion de notre congrès national en novembre prochain à Paris.
Un vaste plan de transformation, notamment avec la création d’un fonds spécifique pour accompagner les buralistes, a été mis en œuvre il y a quelques années, continue-t-il de perdurer ?
Le fonds de transformation perdure et il faut aujourd’hui détecter les nouvelles opportunités de diversification. Cette diversification engagée est nécessaire mais notre ADN demeure la nicotine et il ne faut pas l’oublier.
Votre monopole au niveau de la vente de tabac est aujourd’hui confronté à la contrebande de plus en plus massive. Comment appréhendez-vous cette problématique ?
Au niveau de la contrebande, nous avons franchi un seuil. Aujourd’hui, nous devons faire face à de véritables réseaux organisés. La contrebande représente près de 700 millions d’euros de manque à gagner chaque année pour notre réseau et près de cinq milliards de recette fiscales pour l’État. Il faut un véritable plan Marshall aux sujet de la multiplication de ces canaux de distributions parallèles et illégaux histoire de permettre de préserver l’équilibre de notre modèle.
Vous étiez présent à l’occasion de l’assemblée générale de la Fédération des buralistes, fin mars à Pont-à-Mousson. Pour la première fois elle s’est déroulée avec vos homologues des marchands de presse, prémices d’un rapprochement ?
Avec les marchands de presse, nous avons beaucoup de point commun notamment le fait que nous sommes souvent les derniers commerçants de proximité. 60% des marchands de presse sont également des débiteurs de tabac. La diversification de nos activités et cette notion de proximité et d’ancrage local sont communes à nos deux professions. Des synergies existent donc de fait et des actions communes peuvent nous permettre d’être plus fort ensemble mais aucune fusion n’est envisagée. Chacune de nos structures gardent sa représentativité.