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Le 17 octobre vire au chaos dans le centre de Bordeaux

Affrontements, casse, pillages : de violentes émeutes ont semé le chaos lors de la mobilisation du 17 octobre samedi à Bordeaux, où le RAID a été déclenché pour aider les forces de l'ordre...
Bordeaux le 17 octobre 2026 © Christophe ARCHAMBAULT

Bordeaux le 17 octobre 2026 © Christophe ARCHAMBAULT

Affrontements, casse, pillages : de violentes émeutes ont semé le chaos lors de la mobilisation du 17 octobre samedi à Bordeaux, où le RAID a été déclenché pour aider les forces de l'ordre après le saccage de la résidence préfectorale.

"Des individus sont entrés et ont saccagé les lieux", a indiqué à l'AFP une porte-parole de la préfecture, tandis que la préfète de Gironde, Sophie Brocas, a condamné "avec la plus grande fermeté" les dégradations commises dans sa résidence officielle et le pillage de commerces en centre-ville.

Fait extrêmement rare lors de manifestations, le RAID, cette unité d'élite de la police nationale spécialisée dans les interventions à haut risque, a été déclenché dans la foulée, selon une source proche des autorités, confirmant une information de LCI.

Sur la façade de la résidence préfectorale, on pouvait lire "Cramer la pref et les CRA", en référence aux centres de rétention administrative où sont détenus des personnes en situation irrégulière.

Dans la rue Sainte-Catherine, principale artère commerciale de la ville, la majorité des commerces avaient fermé boutique dans l'après-midi. Plusieurs enseignes ont été saccagées et pillées, notamment Decathlon, Intersport, l'Apple Store, Nocibé et Snipes.

Les baies vitrées des Galeries Lafayette étaient également brisées.

Des groupes épars de dizaines de jeunes en noir et encagoulés couraient dans les rues du centre-ville, avec des boîtes de chaussures et téléphones, et des sacs plein de marchandises de luxe, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

Electrochoc

 

Pendant plusieurs heures, des affrontements ont eu lieu entre individus radicaux et forces de l'ordre, notamment sur les quais très fréquentés de la Garonne, la place de la Victoire et celle de la Bourse. La préfecture a fait état de 7.000 manifestants.

En début de soirée, aux abords de l'hôtel de Ville, deux véhicules Centaure, des blindés d'intervention de la gendarmerie, sont arrivés en renfort, selon un photographe de l'AFP.

De violents affrontements ont aussi éclaté plus tôt autour de la Chambre de commerce, brièvement investie après des bris de vitres, et dans des rues adjacentes du centre-ville, semant un vent de panique parmi passants et touristes.

Feux de poubelles et de vélos électriques, dégradations de mobilier urbain, barricades et pillages de commerces ont suivi, tandis que les forces de l'ordre faisaient usage de canons à eau et inondaient les lieux de gaz lacrymogène pour repousser les assaillants, dispersés en petits groupes de quelques dizaines de personnes très mobiles.

"Les gens sont très en colère, ils n'en peuvent plus. Trimer toute la journée, pour ne pas pouvoir remplir leur chariot. Mes parents ont travaillé toute leur vie et maintenant, ils ont besoin de l'aide de mon grand frère pour finir le mois", a déclaré à l'AFP Eddy, étudiant de 20 ans, parmi les manifestants.

"Est-ce que tout casser va changer les choses ? Je pense que ça peut être un électrochoc pour les politiques. On ne sait plus quoi faire pour se faire entendre. Les urnes ? On n'y croit pas", a-t-il ajouté.

Cette journée de mobilisation contre la "vie chère" partout en France, à l'appel notamment d'anciens gilets jaunes et de jeunes, a rassemblé quelque 800.000 personnes, selon la CGT et des organisations de jeunesse.

De son côté, le ministère de l'Intérieur a fait état de 272 interpellations au niveau national et de "faits particulièrement graves" dans plusieurs grandes villes, comme à Marseille et Lyon.