En bref

Le Cese se choisit une nouvelle présidente

Quelle présidente pour la troisième chambre de la République? Les 175 membres du Conseil économique, social et environnemental (Cese) vont élire pour la première fois une femme à la tête d'une institution contestée, la militante...
Le bâtiment du Conseil économique, social et environnemental (Cese) au Palais d'Iéna à Paris, le 28 mai 2025 © Hugo MATHY

Le bâtiment du Conseil économique, social et environnemental (Cese) au Palais d'Iéna à Paris, le 28 mai 2025 © Hugo MATHY

Quelle présidente pour la troisième chambre de la République? Les 175 membres du Conseil économique, social et environnemental (Cese) vont élire pour la première fois une femme à la tête d'une institution contestée, la militante associative Claire Thoury ou l'entrepreneuse Dominique Carlac'h. 

Les deux candidates se sont exprimées mercredi à l'ouverture de la séance plénière avant un vote à bulletins secrets pour désigner celle qui présidera jusqu'en 2031 cette troisième chambre du Parlement français, au rôle consultatif.

Claire Thoury a dit vouloir faire du Cese "un repère dans ces temps troublés" et souhaité que l'institution, chargée de conseiller le gouvernement et le Parlement, le fasse "en temps réel", en s'inscrivant "pleinement dans le temps politique".

Dominique Carlac'h a défendu la création d'un "observatoire des tensions", une "production réactive avec suivi d’impact" et une "stratégie de rayonnement" pour cette chambre parfois méconnue.

Les conseillers du Cese représentent les syndicats pour 52 d'entre eux et autant siègent au nom des organisations d'employeurs, exploitants agricoles, artisans, professions libérales et des mutuelles. Quarante-cinq autres représentent les associations ou organismes oeuvrant pour la cohésion sociale et territoriale et 26 siègent pour des organisations de protection de l'environnement.

Agée de 36 ans, Claire Thoury préside depuis cinq ans le Mouvement associatif, qui fédère plus de 700.000 associations, la moitié du total en France.

Cette sociologue spécialiste des questions d'engagement est soutenue par presque tous les syndicats, une très large part du mouvement associatif, la Mutualité française et les employeurs de l'économie sociale et solidaire (Udes).

Elle affronte Dominique Carlac'h, 57 ans, dirigeante d'un cabinet de consultants et ancienne vice-présidente du Medef, soutenue par la plupart des organisations patronales, selon un communiqué publié en mars par le Medef, la CPME, l'U2P, CCI France, les Chambres des métiers et de l'artisanat, les chambres d'agriculture, ainsi que la FNSEA.

"C'est très serré", a affirmé à l'AFP Mme Carlac'h, qui s'est lancée plus tard dans la course, soulignant que beaucoup d'organisations n'ont officiellement soutenu personne. 

Conventions citoyennes

"Il y a des organisations qui n'ont pas pris de position publique parce que ce n'est pas dans leur tradition mais qui ont quand même pris des positions" en interne, assure Claire Thoury, qui compte sur les soutiens de nombre d'entre elles.

La nouvelle présidente devra défendre l'institution face aux critiques sur l'utilité de ses rapports et son coût de fonctionnement, mis en cause en juillet par la commission des Finances de l'Assemblée nationale et la Cour des comptes.

Quelque 70 dirigeants syndicaux, patronaux et associatifs avaient en réaction défendu son rôle pour dialoguer et trouver des compromis, soulignant son coût modeste d'"à peine 0,006% du budget de l'Etat".

Quelques mois plus tôt, le député LR Philippe Juvin avait déposé une proposition de loi pour supprimer le Cese qui, selon lui, "fait partie de ces dépenses que l’État ne peut plus assumer, au regard de la situation de ses finances publiques".

"Il y a cinq ans, le budget du Cese était de 44 millions d'euros, au moment où je pars, il est de 34 millions d'euros" alors que l'inflation cumulée a dépassé 15% sur la période, a fait valoir à l'AFP son président sortant Thierry Beaudet.

Grâce à une réforme de 2021 qui fait du Cese la chambre de la participation citoyenne, l'institution a organisé trois conventions citoyennes, dont les effets concrets restent cependant limités: sur le climat, sur la fin de vie, puis en 2025 sur les temps de l'enfant.

Aux critiques sur les 140 avis rendus par le Cese en cinq ans, souvent trop consensuels pour être utiles, Claire Thoury répond qu'il "faut qu'on assume la divergence quand elle est constructive".

Un point de vue partagé par Dominique Carlac'h, qui relève que "comme le logiciel (du Cese), c'est le consensus" ses avis "manquent par moments d'aspérité".