En bref

Villepin à son tour visé par une enquête du parquet financier

Dominique de Villepin, candidat potentiel à la présidentielle, est désormais lui aussi dans le viseur du parquet national financier: le PNF a ouvert une enquête préliminaire sur des statuettes reçues lorsqu'il...
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin à Strasbourg le 12 mai 2026 © ROMEO BOETZLE

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin à Strasbourg le 12 mai 2026 © ROMEO BOETZLE

Dominique de Villepin, candidat potentiel à la présidentielle, est désormais lui aussi dans le viseur du parquet national financier: le PNF a ouvert une enquête préliminaire sur des statuettes reçues lorsqu'il était ministre et qu'il a ensuite conservées.

Cette enquête a été ouverte mardi "des chefs de recel de détournement de fonds publics et toutes infractions connexes", a annoncé mercredi le procureur financier, Pascal Prache, dans un communiqué.

Cette enquête, ouverte "sur la base des éléments portés à sa connaissance", concerne "les conditions dans lesquelles une statuette et un buste auraient été offerts à Dominique de Villepin, alors qu'il était ministre des Affaires étrangères entre 2002 et 2004, puis conservés par celui-ci", explique M. Prache.

"Le PNF n'aura aucune difficulté à faire la lumière sur cette affaire pour laquelle Dominique de Villepin se tient sereinement à sa disposition", a réagi auprès de l'AFP son entourage.

Une "erreur

L'ex-Premier ministre de Jacques Chirac a reconnu le 10 mai avoir commis "une erreur" en acceptant deux statuettes en cadeau lorsqu'il était au quai d'Orsay, tout en rappelant qu'il "n'y avait pas d'encadrement de ces situations à l'époque". Il les a rendues au ministère le 4 mai.

Ces derniers jours, les affaires se sont multipliées concernant des candidats, déclarés ou potentiels, à la présidentielle.

Mardi, le PNF a annoncé qu'un juge d'instruction allait enquêter sur Edouard Philippe pour des faits présumés de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d'intérêt, harcèlement moral et concussion commis au Havre, dont il est maire et président de la communauté urbaine, suite à une plainte avec constitution de partie civile. 

La justice a par ailleurs ordonné le renvoi de François Asselineau, président de l'Union populaire républicaine (UPR), devant le tribunal correctionnel de Paris pour harcèlement sexuel et agression sexuelle sur un collaborateur et tentative d'agression sexuelle sur un autre.

Concernant M. de Villepin, le lobbyiste Robert Bourgi a affirmé, dans l'émission Complément d'Enquête diffusée le 30 avril sur France 2, avoir servi d'intermédiaire pour lui offrir deux statuettes de Napoléon payées par Blaise Compaoré, alors président du Burkina Faso, et par l'homme d'affaires italien Gian Angelo Perrucci.

Robert Bourgi, figure de la Françafrique, a déclaré qu'elles avaient été achetées 75.000 euros et 50.000 euros.

Des chiffres contestés par l'entourage de M. de Villepin, qui évoque des montants "quatre à cinq fois inférieurs".

Dominique de Villepin a affirmé qu'il pensait qu'il s'agissait de cadeaux payés par Robert Bourgi et ne connaissait pas leur provenance réelle.

Il a nié toute contrepartie. Robert Bourgi "a été écarté (des affaires, NDLR) par moi-même et par Jacques Chirac en 2004/2005. Ce qui montre bien qu'il n'y a aucune prise, aucune forme de lien qui puisse se nourrir à cette occasion".

Volonté de nuire

Il a aussi contre-attaqué en soulignant que "M. Bourgi est un ami de 40 ans de Nicolas Sarkozy" et que ces "pseudos révélations interviennent à un moment où (l'ex-président) connaît des moments difficiles dans une affaire judiciaire qui est l'affaire libyenne. Donc il est clair qu'il y a une volonté de nuire". 

Ces "insinuations sans aucun fondement" sont "absolument ridicules et totalement déplacées", a réagi auprès de l'AFP l'entourage de M. Sarkozy.

Dans Complément d'enquête, Robert Bourgi a aussi affirmé que M. Sarkozy, qui entretient de longue date de mauvaises relations avec Dominique de Villepin, n'avait rien à voir avec ces révélations.

M. Bourgi affirme néanmoins en vouloir à M. de Villepin en raison de propos tenus lors de l'incarcération de M. Sarkozy l'an dernier et vouloir tout faire pour "l'empêcher d'aller à l'Elysée".

Dominique de Villepin n'est pas encore officiellement candidat pour la présidentielle de 2027 mais ne cache pas ses ambitions.

Le nom de Robert Bourgi est associé à l'affaire des costumes de luxe qui avait contribué à couler la campagne de François Fillon en 2017. M. Bourgi lui avait offert pour 13.000 euros de costumes, éveillant des soupçons de trafic d'influence qui ont finalement débouché sur un non-lieu.

Robert Bourgi avait aussi assuré en 2011 avoir apporté à MM. Chirac et Villepin des valises de billets en provenance de pays africains entre 1997 et 2005. L'enquête avait été classée sans suite en 2011.