
Bernard Devert, Rachid Cherfaoui et Nicolas Chochoy ont fait part de leurs expériences et de leurs regards sur l’ESS.
L ’économie sociale et solidaire, modèle adaptable à tous types de secteurs, qui a pour objectif d’allier activité économique, gouvernance démocratique, utilité sociale et développement du territoire, a récemment été consacrée par la loi du 31 juillet 2014 relative à l’ESS. Si ce modèle reste encore minoritaire, les ponts entre l’économie dite classique et l’ESS existent bel et bien. Une donnée que le CJD Amiens, qui rassemble une cinquantaine de chefs d’entreprises, a souhaité mettre en avant en consacrant une conférence à ce sujet. « Le CJD est là pour aider les jeunes dirigeants à se former, à progresser dans leur métier de chef d’entreprise », explique David Guillemetz, président du CDJ Amiens.
Mettre le sens au cœur des débats
Pour réfléchir à ce qu’est l’économie sociale et solidaire, le CJD a convié Bernard Devert, fondateur d’Habitat et humanisme, Rachid Cherfaoui, créateur de la Maison de l’économie sociale (MES) du pays de Bray, ainsi que Nicolas Chochoy, directeur de l’institut Jean-Baptiste Godin. « Nous devons nous poser la question du sens », pose d’emblée Bernard Devert, dont la structure emploie aujourd’hui 1 300 salariés et 3 000 bénévoles sur deux activités, l’hébergement d’urgence et le logement très social. « Devons-nous travailler pour s’enrichir ou pour nous enrichir ? J’espère qu’un jour il n’y aura plus d’économies séparées. L’économie doit être sociale avec une vocation solidaire », ajoute-t-il. Une position partagée malgré un parcours différent par Rachid Cherfaoui qui a débuté son activité d’insertion un peu par hasard, simplement guidé par l’envie « de résoudre les problèmes des chômeurs » au début des années 90. « Apparemment, nous avions un savoir-faire particulier, celui de la médiation. À partir de ça, nous avons commencé à créer des structures vectrices de valeurs pour le territoire et d’emploi local en rendant ces emplois accessibles à un public prioritaire », commente celui qui a regroupé l’ensemble de ces structures au sein d’une société coopérative d’intérêt collectif qui allie partenaires publics et privés.
Une volonté commune
Nicolas Chochoy est revenu sur la loi relative à l’ESS, mettant en avant les similitudes, comme la raison sociale d’une entreprise, et les différences notamment en termes de pratiques entre l’économie sociale et solidaire et l’économie dite classique. « Les pratiques sont indissociables de la personne qui les met en place. Ce qui importe c’est aussi bien le processus de création d’un projet que sa finalité », a-t-il souligné, rappelant également que « le CJD a eu un rôle important dans les années 80 en terme d’innovation sociale ».