Établissement public qui accompagne les collectivités territoriales et leurs agents dans leur mission de service public, le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) conçoit et dispense la formation de tous les agents de la fonction publique territoriale. Hors, dans sa loi de finances 2026, le gouvernement prévoit de plafonner les recettes du CNFPT à hauteur de 397 millions d'euros. Pour les élus du conseil départemental de la Somme : «Derrière cette disposition se trouve en réalité une décision brutale : un prélèvement d’environ 45 millions d’euros sur les cotisations versées par les collectivités territoriales pour financer la formation de leurs agents, utilisé de manière indue afin d’abonder le budget de l’État».
La ligne rouge
Les conseillers départementaux s'interrogent autant sur le fond que sur la forme de cette disposition. Ils exposent des conséquences immédiates et concrètes : «En amputant de près de 10% les ressources du CNFPT, cette décision fragilise durablement un outil majeur, qui forme chaque année près d’un million d’agents sur l’ensemble du territoire national. À cotisations constantes pour les collectivités, ce sont des formations en moins pour les agents territoriaux, des accompagnements réduits, et à terme un affaiblissement de la qualité du service public local». Le conseil samarien ne veut pas que la formation devienne une variable d'ajustement quand d'autant plus les collectivités font face aux défis majeurs que sont la transition écologique, l'intelligence artificielle ou le vieillissement des effectifs. Il estime qu'une ligne rouge est franchie : «Le CNFPT n’est pas une agence de l’État : c’est un établissement financé par les collectivités, pour les collectivités. En venant capter une partie de ses ressources, l’État détourne leur finalité et porte atteinte à un équilibre construit de longue date entre employeurs et représentants des agents».
Le vœu adressé au gouvernement
Les élus du Département de la Somme, plus précisément les élus des groupes «Unis pour la Somme» et «Somme, droite, centre et indépendants», ainsi que par Wilfried Larcher, Frédéric Demule et Stéphane Haussoulier, réaffirment «leur attachement au droit à la formation professionnelle des agents territoriaux et au rôle central du CNFPT pour garantir l’égalité d’accès à cette formation». Ils déposent directement un vœu auprès du Premier ministre, des ministres de l'Économie, du Travail, de la Formation professionnelle et de la Décentralisation. Ils demandent alors solennellement au gouvernement : «L’abrogation de l’article 135 de la loi de finances 2026 ou, à défaut, la compensation intégrale, immédiate et pérenne des sommes prélevées sur le CNFPT, afin de garantir le maintien total du droit à la formation des agents territoriaux».