En bref

Le ministre de l'Enseignement supérieur lance le repas à un euro à Amiens

Le repas à un euro dans les restaurants universitaires est généralisé à tous les étudiants à compter de ce mois de mai 2026. Philippe Baptiste, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, a officiellement lancé le dispositif au Resto U Saint-Leu d'Amiens.

Le repas à un euros était auparavant réservé aux étudiants boursiers, la tarification est donc désormais ouverte à tous et déployée dans l'ensemble des restaurant universitaires gérés par les Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires). À l'échelle nationale, il concerne trois millions d'étudiants de l'enseignement supérieur quand jusqu'ici 700 000 étudiants boursiers ou précaires y avaient accès. La phase d'ajustement et d'organisation n'est donc pas anodine.

De fait, la présidente du Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires), Bénédicte Durand, présente à Amiens aux côtés du ministre, justifie l'expérimentation en cette période où les étudiants sont déjà moins nombreux : «Le mois de mai permettra d'ajuster notre dispositif jusqu'au pic d'activité de septembre à novembre». Les mois de mai et juin servent en effet de phase de test en préparation de la rentrée de septembre. Laurent Potié, le directeur général du Crous d'Amiens-Picardie, confirme : «Cela va permettre de roder nos protocoles et nos process, et de nous adapter aux hausses de fréquentation». Dans tous les cas, ils assurent : «La qualité des repas et des produits ne changera pas. Leur provenance encadrée par la loi Egalim sera la même».

50 M€ cette année, 120 M€ l'année prochaine

À la rencontre du personnel du restaurant universitaire Saint-Leu, Philippe Baptiste partage : «C'est une immense mobilisation de la part des équipes et c'est beaucoup de travail pour préparer cette première journée. Il y a c'est vrai une incertitude sur le nombre de demandes supplémentaires que nous allons avoir». Alors que la réforme est le fruit d'une négociation avec le Parti Socialiste sur le budget 2026, le ministre ajoute que «c'est aussi une mobilisation de l’État qui accompagne le dispositif avec une enveloppe de 50 millions d'euros cette année et 120 millions d'euros l'année prochaine».

Sur ce budget de 50 millions d'euros, la présidente du Cnous avait déjà annoncé la somme de 35 millions d'euros «pour compenser la perte des recettes, cinq millions pour des petits travaux et l'équipement des restaurants». De plus, cinq millions d'euros seront dédiés au recrutement de 204 personnes dans les équipes de restauration.

Du côté du Crous d'Amiens-Picardie, Laurent Potié confie «avoir déjà été bénéficiaire de 90 000 euros et deux emplois supplémentaires». Sur Amiens même, ils seront 2 400 étudiants supplémentaires à pouvoir bénéficier du repas à un euro, quand ils le payaient auparavant 3,30 euros. À l'échelle de la Picardie, sur les 52 000 étudiants, la mesure était ouverte à 16 000 d'entre eux. L'incertitude réside donc sur le nombre des 36 000 étudiants restants qui se rendront dans les restaurants universitaires pour consommer leur repas à un euro. C'était un combat de longue date des syndicats étudiants, le Cnous prévoit pour sa part une hausse d'environ 12% de la fréquentation.