Décryptage

Présidentielle : après les municipales, la primaire de la gauche mal engagée

La primaire de la gauche a du plomb dans l'aile, ses principaux défenseurs, le chef des socialistes Olivier Faure et la patronne des Ecologistes Marine Tondelier, sortant chacun affaibli des municipales. 

Le chef des socialistes Olivier Faure, le 26 mars 2026 à Paris. © Ludovic MARIN

Le chef des socialistes Olivier Faure, le 26 mars 2026 à Paris. © Ludovic MARIN

Elle était annoncée pour le 11 octobre mais risque de ne jamais voir le jour : "La primaire est morte faute de combattants", assène un socialiste, opposant d'Olivier Faure. Le premier secrétaire du PS, qui souhaite une candidature unique de la gauche non mélenchoniste pour 2027 afin de contrer l'extrême droite, défend ce processus dans lequel sont déjà impliqués la cheffe des Écologistes Marine Tondelier, les députés Clémentine Autain (L'Après) et François Ruffin (Debout!), mais que refuse le leader de Place publique Raphaël Glucksmann. 

Olivier Faure a promis que les militants socialistes seraient consultés."Il a besoin de la primaire, car il pense que c'est elle qui va régler son rapport à l'opinion", lance un opposant, alors que le patron du PS stagne autour de 5% dans les sondages. Son camp espérait faire des municipales une rampe de lancement pour que le député de Seine-et-Marne se déclare candidat à ce processus de sélection et s'impose, tablant sur des résultats mitigés des Ecologistes.

De fait, Marine Tondelier, qui avait annoncé sa participation à la primaire avant l'élection des 15 et 22 mars, pâtit d'un bilan médiocre de son parti, qui a perdu plusieurs grandes villes comme Strasbourg, Bordeaux, Besançon et Poitiers, même s'il a réussi à conserver Lyon. 

Olivier Faure affaibli

Olivier Faure l'est également. Mardi, lors d'un bureau national qui a tourné à la crise, le chef des députés socialistes Boris Vallaud, qui s'était allié à lui lors du dernier congrès du parti, l'a mis en minorité. 

Mais, à un an de la présidentielle, au-delà de la stratégie vis-à-vis du parti de Jean-Luc Mélenchon, c'est bien en sous-main la primaire qui est en jeu. Olivier Faure devait déjà faire face au refus du courant porté par le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, qui préfère un candidat issu d'un périmètre social-démocrate, allant du PS jusqu'à Raphaël Glucksmann et l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve.

Exacerbation des différences

Olivier Faure a toujours répété qu'il n'était "pas fanatique" de ce processus, mais qu'il ne voyait pas d'autres mécanismes pour rassembler la gauche non mélenchoniste et éviter une multitude de candidatures. Si chacun se décide par "ego mal placé", "on aura la même chose que le 21 avril 2002", a-t-il encore martelé jeudi soir sur BFMTV, assurant qu'il n'y aurait pas d'accord national avec LFI pour 2027. Chez ces dernier, un cadre se délecte : "Le PS a retardé la primaire pour mieux l'enterrer".