Marine Le Pen sera candidate à l'élection présidentielle, a-t-elle annoncé mardi soir sur TF1, et compte se pourvoir en cassation -qui suspend selon elle le port du bracelet électronique- après sa condamnation par la Cour d'appel de Paris dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Rassemblement national.
Elle a écopé d'une peine complémentaire d'inéligibilité de 45 mois, dont 30 avec sursis, ce qui lui permet d'être éligible pour la présidentielle de 2027. Car la peine d'inéligibilité infligée par le tribunal en première instance avait commencé de s'appliquer. Et si la Cour de cassation désavouait à nouveau la leader du RN ? "Nous verrons", a-t-elle répondu, mais il n'existe "plus de scénario dans lequel je ne peux plus me présenter", a-t-elle ajouté.
Dimension morale
Ce maintien de candidature a été vertement critiqué par ses concurrents à l’Élysée. Gabriel Attal a pointé la "dimension morale" d'une candidate "condamnée à deux reprises" pour "détournement de fonds publics". A gauche, la cheffe des Ecologistes Marine Tondelier a fustigé une manoeuvre juridique de Mme Le Pen pour "faire diversion".
"Une bonne nouvelle pour la démocratie française", a au contraire réagi l'allié du RN Eric Ciotti. "Il est sain que ce soit aux Français de trancher et non aux juges", a renchéri Eric Zemmour, le président de Reconquête.
Mme Le Pen avait récemment exclu de mener campagne lestée d'un bracelet électronique. Une entrave qu'elle estime levée par son pourvoi en cassation. Même si la haute cour avait indiqué qu'elle statuerait en début d'année 2027, en cas de pourvoi. Si elle confirmait alors l'arrêt de la cour d'appel, celui-ci s'appliquerait immédiatement.
Mme Le Pen et M. Bardella caracolent tous deux depuis des mois en tête des sondages, au-delà des 30% d'intentions de vote en vue du scrutin programmé les 18 avril et 2 mai 2027. Le dauphin est même devenu le favori de l'opinion, devançant systématiquement de quelques points sa mentor, et donc un peu mieux placé pour récolter les fruits d'une stratégie de "dédiabolisation" de l'extrême droite qu'elle a initiée dès son accession à la tête du parti il y a quinze ans. Beaucoup de leurs rivaux ne cachaient pas leur préférence pour un Jordan Bardella jugé plus fragile, du fait de son jeune âge et de sa moindre expérience. Même Jean-Luc Mélenchon se méfie davantage d'une Marine Le Pen qu'il juge "très intelligente".