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Le sénateur Stéphane Demilly attentif au fleuron aéronautique de la Somme

Le pôle de l’industrie aéronautique avec Airbus Atlantic à Albert a été une grande aventure industrielle. Le sénateur de la Somme, Stéphane Demilly, rapporteur du budget pour le transport aérien au Sénat, travaille activement pour le développement de ce fleuron du département.

Stéphane Demilly, ici sur le marché de Noël d'Albert, devant la basilique Notre-Dame de Brebières.
Stéphane Demilly, ici sur le marché de Noël d'Albert, devant la basilique Notre-Dame de Brebières.

L'Aéro-club Maurice Weiss a été fondé le 21 novembre 1931 sous l'égide d'Henry Potez, le même qui a imaginé et construit cet ensemble industriel qui est à lui seul le témoin du siècle de l'épopée aéronautique. En 2024, l'usine Airbus a fêté ses 100 ans d'existence. Aujourd'hui, le site de Méaulte regroupe 2 000 personnes sur 47 hectares, il est spécialisé dans la production des pointes avant des avions de la gamme Airbus. Les compétences sont tournées vers l'avenir. En 2017, sous la bannière Stelia Aerospace devenue Airbus Atlantic, a été inauguré le concept «d'usine aéronautique du futur».

Il fut investi dix millions d’euros dans un bâtiment de 8 000 m2, destiné à faciliter la production des ensembles construits en matériaux composites pour le programme A350. 70 millions d'euros ont été nécessaires pour reconfigurer les lignes de production. Cette usine du futur est devenue l'une des plus modernes d'Europe. Airbus doit désormais relever d’autres défis qui sont économiques et écologiques. La décarbonation des avions et la baisse de consommation de carburant font déjà partie des préoccupations quotidiennes des équipes. Stéphane Demilly, rapporteur au Sénat du budget pour le transport aérien, détaille : «Le Gifas (ndlr : groupement industriel français aérospatial) représente 525 entreprises soit 220 000 emplois. C’est un secteur dynamique qui recrute 20 à 30 000 salariés. Cela se traduit par 17 milliards d’euros d’achat de matériels auprès de 3 400 sociétés françaises. Un avion comporte entre trois et quatre millions de pièces».

La France, premier producteur d’avions devant Boeing

Airbus est un fabricant européen avec ses partenaires allemands, espagnols et anglais qui fabriquent les ailes. La France a quatre sites : Albert-Méaulte, Nantes, Saint-Nazaire et Toulouse. L’usine de Méaulte se porte très bien, elle fabrique la pointe avant de tous les modèles Airbus. L’A320 représente 70% de l’activité. Altytud, membre associé du Gifas, structure un réseau industriel de 80 membres soit 6 000 salariés dont les entreprises sont proches de l’usine Airbus Atlantic.

Avec un carnet de commandes estimé à plus de 8 000 avions, l'horizon est dégagé et le cap doit être maintenu pour que cette usine centenaire reste l'un des fleurons de l'industrie aéronautique mondiale pour les 100 prochaines années. Mais, Stéphane Demilly insiste sur des sujets brûlants : «Je surveille de très près l’économie de ce transport, les compagnies perdent des parts de marché en nombre de clients. La France perd un point tous les ans, soit pour les vols en Europe, 15% de moins entre 2009 et 2024, car les voyageurs préfèrent les compagnies du Golfe et les low cost pour les tarifs, la qualité de la prestation et les horaires. Les pertes de long courrier enregistrent 600 emplois en moins. De plus, le gouvernement a inventé de nouvelles taxes sur les coûts de transport qui rapporteront un milliard d’euros à l’État. Certaines compagnies low cost ont réduit leur activité en France dont Ryanair à Beauvais et qui a fermé ses sites de Bergerac, Brive et Strasbourg. Air France va verser 30% de son chiffre d’affaires. Le cabinet Deloitte estime que cette taxe pourrait détruire 11 200 emplois en 2025. L’aéronautique représente en France 540 000 emplois et 52 milliards d’euros de valeur ajoutée. L’aviation d’affaires est également frappée fortement, moins 22% d’activité au troisième trimestre 202, la taxe augmente de 54% pour la location d’un avion».

La décarbonation des aéronefs

Stéphane Demilly a défendu au Sénat, début décembre, des amendements dans le cadre du Projet de loi de finances en faveur de la décarbonation des transports aériens. «En tant que rapporteur de la commission Aménagement du territoire et Développement durable au Sénat, je défendrai des mesures pour une montée nécessaire en puissance de la décarbonation des aéronefs. L’État devait apporter un soutien annuel de 300 millions d’euros à la filière aéronautique française et européenne, notamment Airbus et Safran, pour développer l’avion ultra-frugal à échéance 2035. Cet avion nouvelle génération consommera 30% de carburant en moins. Or le Projet de loi de finances actuel reste trop modeste pour atteindre cet objectif avec 215 millions d’euros dont 50 millions sécurisés. J’ai proposé d’affecter à ce programme une fraction de 150 millions d’euros de la Taxe de Solidarité sur les Billets d’avion (TSBA) – ayant connu une forte hausse ces deux dernières années. Je demande aussi qu’un crédit d’impôt incitatif à l’achat de carburant d’aviation durable (CAD), prévu par la loi de finances de 2025 soit appliqué rétroactivement au 1er juillet 2025 afin d’accompagner l’industrialisation des projets de CAD français».

L’aéroport international Amiens – Henry Potez

C’est le plus grand aéroport d’affaires et de fret oversize au nord de Paris, géré par le Pays du Coquelicot, le conseil départemental de la Somme et l’Agglomération d’Amiens. De nombreux vols décollent et atterrissent pour différentes missions. Après la fin du covid, l’activité de l’aéroport a repris. Le Beluga en provenance de Toulouse apporte des pièces maîtresses trois fois par semaine, les vols privés, sanitaires pour convoyer des patients au CHU d’Amiens, et des vols sportifs pour des équipes ayant des matchs dans les Hauts-de-France sont nombreux.

Un événement majeur a lieu pendant deux jours chaque mois d’août, il s’agit du meeting aérien, avec de très nombreux spectacles, dont la patrouille de France. Élu pendant 36 ans, dont 28 comme maire, Stéphane Demilly est l’auteur du livre «Henry Potez, une aventure industrielle». Le sénateur de la Somme n’est pas prêt à prendre sa retraite du monde de l’aérospatial.