Diminution des coûts et émergence d’une offre de formation localisée et personnalisée . Ce sont les deux principales attentes des entreprises, et notamment des TPE et PME, à en croire le premier baromètre «Entreprises et Formation» publié par le Medef en septembre dernier.
L’adéquation entre les besoins réels des acteurs économiques et les offres de formation sur le marché apparaît toujours délicate à être réellement perfectible même si, sur les territoires, un important travail est souvent mis en avant pour y parvenir. «Le système de formation reste structuré par l’offre, au détriment des besoins des entreprises. Les dispositifs les plus visibles ne sont pas toujours les plus pertinents, et l’accès reste inégal. Il bénéficie surtout à ceux qui maîtrisent déjà les codes, au détriment de ceux qui en auraient le plus besoin», peut-on lire dans ce baromètre.
Reste que du côté des besoins réels des entreprises, force est de constater que bon nombre semblent avoir du mal à les définir à l’image de ce qui se passe en matière de recrutement.
«La formalisation des plans de développement des compétences n’est réalisée que par la moitié des entreprises, et ce chiffre tombe à un quart pour celles de moins de 50 salariés. Les TPE et PME ne qualifient pas assez clairement leurs besoins en formation».
Il apparaît nécessaire d’aboutir, comme le suggèrent les auteurs de ce baromètre à une «systématisation de l’évaluation des formations qui permettra de lier les actions de formation à la performance opérationnelle».
Les évolutions en besoin de compétences, notamment en matière numérique avec la sacro-sainte Intelligence artificielle, apparaissent vitales pour permettre à l’univers entrepreneurial d’affirmer sa compétitivité.
Anticipation difficile
Paradoxe de taille, selon ce baromètre : «les domaines de compétences ciblés montrent un décalage certain. Alors que les compétences managériales, numériques ou encore environnementales sont jugées prioritaires pour les années à venir, elles restent très peu investies aujourd’hui».
27% des entreprises considèrent les compétences managériales comme prioritaires à trois à cinq ans. Pourtant, elles ne sont que 15% à former leurs collaborateurs à ces compétences. Même chose pour le numérique, 26% le considèrent comme prioritaire et à peine 9% y forment réellement. Idem pour les compétences environnementales avec à peine 6% de collaborateurs formés.
«Les entreprises sont conscientes de l’évolution nécessaire mais elles peinent à anticiper». Plus de la moitié des TPE et PME reconnaissent ne pas mobiliser suffisamment la formation. «Cela révèle un écart entre la reconnaissance de l’importance de la formation et leur capacité à la mettre en œuvre efficacement».
Le système de formation reste structuré par l’offre
La volonté de former, et surtout de bien former, est présente mais le coût et le manque de temps la limitent.
«Même si une entreprise sur deux envisage des investissement stables en la matière dans les trois à cinq ans, seule une minorité prévoit une réelle augmentation. Il apparaît impératif de passer d’une logique de dépense à celle d’investissement pour transformer la formation en un véritable levier de compétitivité». Et là, seul un réel accompagnement peut le permettre face à la complexité croissante de l’offre de formation.