Les CCI vont subir une baisse modérée de leur budget
Après plusieurs mois de discussions, les CCI subiront une baisse limitée de leur budget, échappant à la coupe drastique initialement prévue. Mais l'aggravation de la situation actuelle des PME plaiderait plutôt pour un développement de l'activité des chambres consulaires, selon leur président.
Au final, ce sera une diminution de « seulement » 20 millions pour la TCCI, Taxe pour frais de chambre consulaire, dans le budget de l'Etat, prévoit l'amendement du gouvernement déposé le 20 janvier. CCI France, le réseau des Chambres de commerce et d'industrie, a su faire valoir sa cause. Le matin même, Alain Di Crescenzo, président des CCI, tenait une conférence de presse de rentrée en forme d'alerte. « Nous sommes en janvier, et je connais toujours pas mon budget », précisait-il. La bataille a duré plusieurs mois, avec un projet de loi de Finances 2026 initial qui prévoyait une baisse de 175 millions d'euros de dotations pour les CCI, soit près d’un tiers de leur budget (550 millions d'euros). Une telle mesure aurait obligé les chambres à « licencier plus de 3 000 personnes. C'est la fin des CCI », rappelait Alain Di Crescenzo qui avait mis sa démission dans la balance.
A contrario, les études d'impact présentées par les CCI plaident plutôt pour une augmentation de leur budget que pour une diminution, même de 20 millions d'euros. En 2025, les actions des chambres ont généré 2,4 milliards d'euros de création de valeur ( 1,5 milliard d'euros d'investissements, 12 200 emplois créés ). Or, « le monde de la TPE et de la PME est en récession, en moyenne », a rappelé Alain Di Crescenzo. Leur chiffre d'affaires est en repli (-2,1%) en 2025, après un taux de -1,8% en 2024, selon le baromètre semestriel des TPE-PME de Bpifrance le Lab. Dans le panorama maussade, il existe des pistes de croissance, parmi lesquelles l'IA, l'intelligence artificielle, potentiel déclencheur de productivité. « il faut investir dans les usages, l'IA pour le commerce, le service à la personne (…) Il y a un problème de scalabilité. Il faudrait mettre les moyens », propose Alain Di Crescenzo. Pour bien faire, les chambres pourraient accompagner 50 à 60 000 entreprises en matière d'IA, contre 3 600 en 2025.
Formalités de base et IA
C'est l'une des actions énumérées par Alain Di Crescenzo, dans le cadre de la présentation du bilan de l'activité des CCI. En matière d'accompagnement d'entreprises, les chambres consulaires mènent trois catégories d'actions différentes : « nationales », « réseaux » et « territoriales ». Concernant ces dernières, menées toute l'année dans toute la France, « nous sommes les seuls, avec les CMA, [chambres de métiers et de l'artisanat ] à faire de la volumétrie » sur le tissu économique local, insiste Alain du Crescenzo. Dans ce cadre, en 2025, les CCI ont mené des opérations auprès de 1 167 722 entreprises ou porteurs de projets. Concrètement, il s'agit de les sensibiliser, ou les accompagner sur des sujets très divers, du plus basique au plus élaboré ( formalités, création d'entreprise, transition écologique, numérique, RH, export...). « On me disait que les formalités, c'était fini. C'est faux », pointe Alain Di Crescenzo. Plus de 500 000 entreprises ont été sensibilisées sur le sujet. Les CCI ont mené sept « opérations réseaux » décidées par CCI France et déclinées sur le territoire. Exemple : une opération consacrée à l'adaptation au changement climatique qui s'est déroulée dans 15 régions, sur le thème de la sobriété hydrique. Autres opérations : : le mois de la transmission d'entreprises, avec 140 événements, celui de la découverte des métiers, ou encore les Trophées du commerce...
Troisième volet de l'action des CCI, les opérations « nationales », contractualisées avec l’État. En 2025, l'une d'elle a concerné le commerce. « Nous avons voulu comprendre la vacance commerciale, qui est la maladie grave du commerce », précise Alain Di Crescenzo. L'opération a donné lieu à la signature de 300 conventions avec des collectivités, pour travailler de concert sur le sujet. Parmi ces opérations « nationales » figure aussi celle concernant l'IA, qui pourra être difficilement déployée plus largement dans le cadre budgétaire imparti.