À l'examen de la carte scolaire, le conseil départemental de la Somme a constaté que l'académie d'Amiens sera touchée par les réductions d'effectifs de l’Éducation Nationale lors de la prochaine rentrée scolaire. Il s'agit de 84 postes menacés dans les écoles et 52 autres dans les collèges et les lycées. Ils se traduiraient dans la Somme par 48 fermetures de classes dans le premier degré et 18 fermetures dans les collèges samariens.
Pour le conseil départemental, ces décisions de fermetures, annoncées au lendemain des élections municipales, ont aussi des conséquences financières particulièrement lourdes pour l’ensemble des collectivités impliquées dans le domaine scolaire : «Le coût induit par ces fermetures en terme bâtimentaire ou de matériel est considérable. C’est notamment le cas en ce qui concerne les classes ULIS, comme celle du collège de Rosières-en-Santerre pour laquelle notre collectivité a mobilisé d’importants montants d’investissement il y a deux ans, pour de la mise aux normes et du renouvellement de mobilier, et qui se retrouve aujourd’hui menacée de fermeture».
Classes surchargées, équipes éducatives sous tension
Au-delà des considérations financières, les élus de la Somme pointent du doigt l'avenir des enfants et l'impact sur leur bien-être : «Classes surchargées, affaiblissement du suivi individualisé, équipes éducatives sous tension, tout cela contribue à dégrader le climat scolaire. Or, chacun le sait, la qualité de l’enseignement est indissociable des conditions dans lesquelles les élèves apprennent. En les fragilisant, on fragilise l’avenir même de notre jeunesse, tout particulièrement dans notre département qui concentre de multiples difficultés».
En conséquence, le conseil départemental de la Somme demande au directeur académique des services de l’Éducation Nationale : «Un réexamen complet des mesures annoncées, fondé sur une prise en considération des besoins éducatifs particuliers, de la logistique pédagogique, des conditions d’accueil, des projets communaux d’habitat et des perspectives d’effectifs à court terme». Il souhaite «qu’aucune décision ne soit arrêtée sans concertation approfondie avec les élus, les équipes enseignantes et les représentants de parents d’élèves». Les élus appellent également l’État «à garantir que la Somme dispose des moyens compatibles avec l’exigence d’une école de proximité, soucieuse de chaque élève et des équilibres territoriaux». Enfin, ils réaffirment leur «engagement constant en faveur des collèges, par un effort financier soutenu, des investissements réguliers et une attention particulière portée à l’inclusion, à l’équité territoriale et au bien-être des collégiens».
Ce vœu a été présenté par les groupes «La Somme en commun», «Gauche démocrate républicaine» et «Avenir solidaire et durable». Il a ensuite été réécrit puis adopté avec les élus du groupe «Unis pour la Somme» et l’ensemble des élus de la majorité départemental. Il se nomme : «Pour une réelle implication des élus locaux dans les décisions relatives à l’évolution de la carte scolaire». Il a été adressé à Philippe Destable, directeur académique des services de l’Éducation nationale de la Somme, Pierre Moya, recteur de l’académie d’Amiens, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation Nationale, ainsi qu'aux parlementaires de la Somme.